Communiqué de presse

Ethiopie : Libération de deux prisonniers d’opinion

Amnesty International a salué ce 28 mars 2008 la libération de Daniel Bekele et Netsanet Demissie, défenseurs des droits humains maintenus en détention en Éthiopie depuis novembre 2005. L’organisation a toutefois déclaré que les deux prisonniers d’opinion devaient recevoir une compensation pour le temps passé derrière les barreaux.

Les deux hommes ont été remis en liberté ce vendredi 28 mars à la faveur d’une grâce présidentielle après avoir signé une lettre « reconnaissant les erreurs » commises dans le cadre des élections de 2005. On ignore encore si cette grâce est inconditionnelle.


« Ces deux hommes n’ont commis aucun acte pour lequel ils devraient demander une quelconque réhabilitation
, a déclaré Erwin van der Borght, directeur du programme Afrique d’Amnesty International.

« Ce sont des prisonniers d’opinion, détenus et condamnés uniquement pour avoir mené des activités pacifiques en tant que défenseurs des droits humains. Leurs condamnations doivent être annulées sans condition et ils doivent recevoir réparation pour la période pendant laquelle ils ont été emprisonnés de manière inique. »

Daniel Bekele est responsable de la stratégie au bureau éthiopien d’Action Aid. Netsanet Demissie est le fondateur et directeur de l’Organisation pour la justice sociale en Éthiopie. Tous deux sont d’éminents avocats spécialisés dans la défense des droits humains.

Les deux hommes ont choisi de présenter une défense, contrairement à certains de leurs coaccusés, dans le cadre d’un procès qui a duré plus de deux ans. En décembre 2007, la Haute cour fédérale d’Éthiopie a rendu un jugement à la majorité les déclarant coupables d’avoir provoqué et préparé des « outrages à la Constitution » et les a condamnés à une peine de trente mois d’emprisonnement.

Selon Amnesty International, l’accusation n’a pas présenté d’éléments prouvant que Daniel Bekele ou Netsanet Demissie avaient incité à la violence et les juges les ont condamnés en s’appuyant sur les déclarations de deux témoins dont la crédibilité, prêtant à controverse, a été fortement contestée par la défense. Le gouvernement éthiopien a interdit aux représentants d’Amnesty International d’assister au procès en tant qu’observateurs en juillet 2007.

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