Éthiopie, La police doit expliquer ce qu’il est advenu d’un responsable de l’opposition oromo

Ethiopie_Abdi Regassa

La police doit expliquer ce qu’il est advenu d’Abdi Regassa, membre haut placé du Front de libération oromo (FLO), et indiquer où se trouve cet homme, toujours porté disparu après que des agents des forces de sécurité l’ont arrêté, à Addis-Abeba, le 29 février. Huit autres membres de ce parti politique d’opposition ont eux aussi été arrêtés.

Ces huit personnes ont été relâchées un peu plus tard dans la journée, mais pas Abdi Regassa, qui a peut-être été victime d’une disparition forcée et risque de subir des actes de torture ou d’autres formes de mauvais traitements. Selon l’avocat et des proches d’Abdi Regassa, la police a nié toujours le détenir.

« La famille et l’avocat d’Abdi Regassa ont passé ces derniers jours à le chercher, explorant les postes de police et les centres de détention de toute la ville, dans le but de le retrouver, a déclaré Seif Magango, directeur adjoint du programme Afrique de l’Est, Corne de l’Afrique et Grands Lacs à Amnesty International.

« La police nie détenir cet homme. Pourtant, la dernière fois qu’on l’a vu, il se trouvait bien sous sa garde, et rien n’indique qu’il a été relâché »

« La police nie détenir cet homme. Pourtant, la dernière fois qu’on l’a vu, il se trouvait bien sous sa garde, et rien n’indique qu’il a été relâché. Cette situation est bien évidemment source d’une grande inquiétude pour sa famille. Les autorités doivent dire la vérité et révéler où se trouve cet homme. Elles doivent également l’autoriser à recevoir la visite de sa famille et à consulter son avocat. »

Le 29 février, au petit matin, des membres des forces de sécurité ont fait irruption dans une guest house qui est située dans le sud d’Addis-Abeba et où logeaient cinq membres haut placés du FLO et quatre sympathisants du parti politique. Les neuf hommes ont été arrêtés et conduits au poste de police le plus proche.

Ils ont ensuite été divisés en deux groupes : les six hommes du premier groupe ont été transférés à la Commission de la police d’Addis-Abeba avant d’être relâchés dans les 24 heures qui ont suivi leur arrestation.

Le second groupe, comprenant Abdi Regassa et Mikael Gobena, tous les deux membres du comité exécutif du FLO, et Kenessa Ayana, membre du comité central du FLO, a été emmené dans des locaux de détention non répertoriés et non officiels, à proximité de la zone Six kilo de la capitale éthiopienne. Mikael Gobena et Kenessa Ayana ont indiqué à Amnesty International qu’ils avaient été remis en liberté dans les 24 heures qui ont suivi leur arrestation, mais que la police avait maintenu Abdi Regassa en détention.

La police a confisqué les téléphones portables, les permis de conduire, les passeports et les cartes bancaires de tous les membres du FLO avant de les relâcher, les abandonnant dans une situation très difficile.

« Les autorités éthiopiennes doivent cesser d’arrêter et de détenir arbitrairement des membres de l’opposition. Il faut également qu’elles révèlent immédiatement ce qu’il est advenu d’Abdi Regassa et le lieu où il se trouve, et qu’elles libèrent sans délai cet homme à moins qu’il ne soit inculpé d’une infraction reconnue par la loi », a déclaré Seif Magango.

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