Face à l’imminence d’une exécution en Alabama, Amnesty International sollicite une mesure de clémence

Amnesty International a prié mardi 14 juin le gouverneur de l’État de l’Alabama, dans le sud des États-Unis, de commuer la peine de mort prononcée contre un homme qui doit être exécuté le 16 juin.

Eddie Duval Powell, afro-américain âgé de 41 ans, a été condamné à mort en 1998 pour le viol et le meurtre d’une femme blanche âgée de 70 ans perpétré trois ans auparavant près de Tuscaloosa, en Alabama.

Les avocats qui l’ont défendu en appel ont affirmé qu’il souffre d’un retard mental qui rendrait son exécution contraire à la Constitution, tandis que des questions ont également été soulevées quant à une éventuelle discrimination raciale.

« Le gouverneur de l’Alabama doit épargner la vie d’Eddie Powell. La clémence du pouvoir exécutif n’est pas soumise aux mêmes restrictions que les tribunaux et il ne doit pas laisser passer cette occasion, a insisté Susan Lee, directrice du programme Amériques d’Amnesty International.

« Il ne fait aucun doute qu’Eddie Powell a été reconnu coupable d’un crime grave, mais étant donné le caractère irrévocable de la peine de mort, les autorités doivent pécher par excès de prudence lorsque la constitutionnalité d’une exécution est mise en doute de cette manière. »

Quatre ans après qu’Eddie Powell a été envoyé dans le couloir de la mort, la Cour suprême des États-Unis a statué que l’exécution de prisonniers souffrant de « retard mental » était contraire à la Constitution.

Un psychologue clinicien a récemment établi qu’Eddie Powell souffrait d’un « retard mental léger ». Dans son enfance, à partir de l’âge de 10 ans, il a été placé dans des classes spéciales.

Les tribunaux américains ont rejeté une requête déposée pour ce motif par les avocats qui ont défendu Eddie Powell en appel, sans consacrer d’audience à l’examen des éléments du dossier afin de déterminer s’il souffrait d’un retard mental.

Ses avocats ont formé un nouveau recours pour demander à la Cour suprême de l’Alabama d’ordonner la tenue d’une audience et ont également sollicité la grâce du gouverneur de l’État.

En 2010, ils avaient demandé en vain que la Cour suprême fédérale accepte d’examiner cette affaire, en faisant pourtant valoir que la discrimination raciale avait joué un rôle dans la sélection du jury et lors du procès.

En effet, sur 29 afro-américains sélectionnés pour le jury initial, un seul faisait finalement partie du jury, aux côtés de 11 jurés blancs. Le jury s’est prononcé à 11 voix contre une en faveur de la condamnation à la peine capitale d’Eddie Powell.

Les études consacrées au système d’application de la peine capitale aux États-Unis indiquent invariablement que l’origine raciale joue un rôle dans l’application de ce châtiment, et en particulier qu’une sentence capitale est plus souvent prononcée lorsque la victime d’un meurtre est blanche.

Les États-Unis ont exécuté 1 254 personnes depuis que la peine de mort a été rétablie en 1977.

Les noirs et les blancs sont victimes de meurtres dans des proportions à peu près équivalentes aux États-Unis, mais dans près de 80 % des affaires qui se sont soldées par une exécution depuis 1977, les crimes concernaient des victimes blanches. L’État de l’Alabama a procédé à 52 exécutions ; dans 86 % des cas, la victime était blanche.

Amnesty International est opposée à la peine de mort en toutes circonstances, sans exception, dans le monde entier.

Depuis le début de l’année 2011, 20 condamnés ont été mis à mort aux États-Unis.


Pour en savoir plus :


États-Unis. La santé mentale d’un condamné à mort en cause à l’approche de l’exécution
(action urgente, 8 juin 2011)

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