FÉDÉRATION DE RUSSIE : Violence contre les femmes - il est temps d’agir ! Halte à la violence

Index AI : EUR 46/019/2003

De toutes les atteintes aux droits humains, la violence contre les femmes est l’une des plus répandues et aussi l’une des plus cachées. Elle est ancrée dans une culture de discrimination globale qui ne reconnaît pas aux femmes leurs droits fondamentaux. Aucun système politique ou économique, aucune culture n’en est exempt, que l’on parle de la violence contre les femmes en la tolérant ou pour la justifier - aux États-Unis, une femme est violée toutes les six minutes, en Russie on estime qu’environ 14 000 femmes sont tuées chaque année dans des violences domestiques. Cette année, plus de 15 000 femmes seront vendues comme esclaves sexuelles en Chine.

« La violence contre les femmes est une atteinte aux droits humains fondamentaux qu’aucune revendication politique, religieuse ou culturelle ne peut justifier. »

Les chiffres communiqués par les organisations non-gouvernementales de femmes russes montrent combien le droit des femmes à la vie et à vivre libres de toute violence est menacé quotidiennement au sein de leur foyer ; ils montrent également que leur droit à l’intégrité physique, mentale et sexuelle est bafoué. Elles indiquent par exemple que :
Chaque jour 36 000 femmes sont battues par leur mari ou leur compagnon dans la Fédération de Russie.

Une femme est tuée toutes les quarante minutes dans des violences domestiques.

« Le nombre de femmes qui meurent chaque année en Fédération de Russie tuées par leur mari ou leur compagnon est en gros le même que celui des soldats qui sont morts pendant les dix ans qu’a duré la guerre de l’Union soviétique en Afghanistan, selon Natalya Abubikirova, directeur exécutif de l’Association russe des centres de crises. Nous estimons que la violence contre les femmes est un problème d’importance nationale. Les femmes constituent cinquante-trois pour cent de la population russe et nous ne devons pas tolérer l’indifférence avec laquelle la société et l’État traitent le problème. Notre objectif est de changer la culture de discrimination à l’encontre des femmes afin d’améliorer la situation de toutes les femmes. »

Les organisations russes et internationales ont souligné la nécessité de faire de la violence domestique en Russie un problème prioritaire. Au début de sa campagne en faveur de la défense des droits humains dans la Fédération de Russie, Amnesty International a appelé les autorités russes à faire des violences domestiques une infraction pénale distincte ; à donner une formation aux responsables de l’application des lois ; à reconnaître la violence contre les femmes et à engager des poursuites à l’encontre des auteurs d’actes de violence, qu’il s’agisse de violence domestique ou de trafic de femmes.

« Les normes internationales sont claires - la violence contre les femmes ne doit pas être tolérée et il est de la responsabilité des gouvernements d’agir. Le gouvernement russe doit coopérer avec l’Association russe des centres de crise pour les femmes afin d’établir un programme d’action stratégique et global pour enrayer la violence contre les femmes.

« En cette année 2003, les autorités russes devraient prendre des mesures concrètes pour protéger les femmes et montrer que la violence domestique ne saurait être tolérée », a déclaré l’organisation internationale de défense des droits humains.

Une action est en cours dans quelques régions de la Fédération de Russie dans lesquelles l’Association des centres de crise a établi une coopération avec les structures locales de gouvernement. Des responsables de l’application des lois de ces régions ont montré leur engagement à traiter les problèmes de violence domestique. Cette coopération montre le chemin à suivre - mais le gouvernement fédéral doit faire beaucoup plus encore.

« Le gouvernement russe pourrait consulter les organisations non-gouvernementales pour voir avec elles les mesures qui pourraient être prises pour améliorer le système de collecte des données policières dans les affaires de violences contre les femmes et rendre ces informations publiques ; il devrait également mettre en place un programme de formation des responsables de l’application des lois. »

Les membres d’Amnesty International du monde entier témoigneront leur solidarité à l’égard des femmes russes en manifestant le 8 mars, Journée internationale des femmes, et en organisant des manifestations silencieuses et des conférences avec des représentantes des organisations de femmes russes afin de souligner la nécessité de mettre un terme aux violences domestiques.

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