Fidji. Les droits à la liberté d’expression et de réunion d’un ancien Premier ministre bafoués


COMMUNIQUÉ DE PRESSE

ÉFAI

5 octobre 2010

Le 5 octobre, Amnesty International a exhorté le gouvernement fidjien à abandonner les charges retenues au titre de la règlementation d’urgence contre un ancien Premier ministre du pays, après qu’il eut été accusé de n’avoir pas demandé l’autorisation d’organiser une réunion publique.

Mahendra Chaudhry, qui est par ailleurs l’actuel secrétaire général de la Fédération nationale des paysans, a été appréhendé le 1er octobre 2010 avec cinq de ses collègues à Rakiraki, une ville située dans l’ouest de la principale île de l’archipel. Lorsqu’il a été arrêté, il parlait à un groupe de paysans rassemblés devant le logement de l’un de ceux-ci.

« L’arrestation de Mahendra Chaudhry n’est que l’exemple le plus récent et le plus visible de la manière dont la règlementation d’urgence est utilisée pour porter atteinte aux droits fondamentaux des Fidjiens, a déploré Donna Guest, directrice adjointe du programme Asie d’Amnesty International. Le recours persistant du gouvernement à cette règlementation a clairement pour but de dissuader les Fidjiens de s’exprimer et de se réunir librement. »

Aux termes de la règlementation d’urgence, il convient d’obtenir l’autorisation préalable du gouvernement afin d’organiser des rassemblements publics réunissant au moins trois personnes. La règlementation accorde par ailleurs aux autorités des pouvoirs étendus, les habilitant à arrêter, condamner à une amende et emprisonner les personnes critiquant le gouvernement. Elle exonère en outre les représentants du gouvernement de toute responsabilité pénale ou civile.

Mahendra Chaudhry a été présenté devant un tribunal le 4 octobre, puis libéré sous caution. Il doit de nouveau comparaître le 6 octobre.

Depuis sa promulgation en avril 2009, la règlementation a été invoquée dans le but de placer en détention pour de courtes périodes des dizaines de personnes au seul motif que celles-ci avaient exercé leurs droits à la liberté d’expression et de réunion de manière pourtant pacifique.

Des journalistes, des politiciens de l’opposition et des détracteurs du gouvernement subissent des menaces, des manœuvres d’intimidation et des violences de la part des forces de sécurité depuis l’abrogation de la constitution du pays et l’instauration de l’état d’urgence, en avril 2009.

La règlementation d’urgence est utilisée afin de priver les Fidjiens de leur droit à faire librement état en public de leurs opinions concernant les questions ayant un impact sur leur vie, ajoute Amnesty International.

Ceux dont la position est interprétée comme étant hostile au gouvernement sont traités durement par les autorités.

« L’arrestation de Mahendra Chaudhry et son inculpation en vertu de la règlementation d’urgence constituent une atteinte à ses droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique, et sont représentatives des violations des droits fondamentaux que continuent à subir les citoyens fidjiens, a poursuivi Donna Guest. La règlementation d’urgence doit immédiatement être abrogée. »

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