Forum européen des femmes – Beijing + 15. L’UE doit remédier de toute urgence à la mortalité maternelle en Afrique

Communiqué de presse

ÉFAI-4 février 2010

Amnesty International appelle l’Union européenne (UE) à accorder la priorité à la réduction de la mortalité maternelle, alors que se prépare le Forum européen des femmes – Beijing +15 prévu à Cadiz, en Espagne, les 4 et 5 février. Dans une lettre adressée à la présidence espagnole de l’UE, l’organisation l’exhorte à faire progresser les droits des femmes, et plus particulièrement les droits en matière de sexualité et de procréation.

« La mortalité maternelle est une urgence sanitaire à laquelle il faut remédier. L’UE a exprimé à plusieurs reprises son vif attachement à la réalisation des droits relatifs à la santé en matière de sexualité et de procréation, et d’autres Objectifs du millénaire pour le développement. J’exhorte ses représentants à joindre davantage les actes à la parole », a indiqué Nicolas Beger, directeur du Bureau européen d’Amnesty International.

Dans un rapport publié le 27 janvier 2010, "Donner la vie, risquer la mort. La mortalité maternelle au Burkina Faso", Amnesty International révèle que plus de 2 000 femmes meurent chaque année des suites de complications liées à la grossesse ou à l’accouchement au Burkina Faso. Ces femmes perdent la vie parce qu’elles ne peuvent parvenir à temps à un centre de santé ou s’acquitter des sommes demandées par le personnel médical, et en raison de la pénurie d’équipement et du manque de personnel qualifié. Les violations des droits fondamentaux telles que les mariages précoces, les mutilations génitales féminines, les violences sexuelles et la difficulté d’avoir accès à des informations en matière de sexualité et de procréation sont aussi des causes profondes de la mortalité maternelle.

Amnesty International engage l’UE, l’un des principaux donateurs du Burkina Faso, à continuer de soutenir le pays dans ses initiatives visant à améliorer l’accès aux soins et aux droits relatifs à la santé en matière de sexualité et de procréation. L’UE doit accorder la priorité aux régions les plus pauvres présentant le plus fort taux de mortalité maternelle dans ses actions de développement, mais aussi œuvrer au niveau politique afin de veiller à ce que le gouvernement burkinabè mette en œuvre une loi de 1996 qui interdit les mutilations génitales féminines et promeut l’accès à l’information et aux services.

Au lendemain de la Conférence mondiale sur les femmes de 1995 à Pékin, l’UE s’est engagée à promouvoir l’égalité des genres dans ses politiques externes et de développement. Quinze ans après cette réunion historique, Amnesty International lui demande de se consacrer davantage à la protection des droits humains dans le cadre des Objectifs du millénaire pour le développement, d’intégrer une stratégie axée sur les droits afin de remédier à la mortalité maternelle et d’assurer un suivi efficace afin de renforcer l’obligation de rendre des comptes. Ces évolutions prennent tout leur sens à la lumière de la résolution adoptée par le Parlement européen en 2008, dans laquelle il se déclare vivement préoccupé par l’absence de progrès concernant la réduction de la mortalité maternelle.

« Nous ne devons pas oublier que le droit de jouir de la meilleure santé possible est un droit fondamental tout aussi important que la liberté d’expression. L’UE doit entreprendre de porter remède à la mortalité maternelle dans des pays comme le Burkina Faso », a conclu Nicolas Beger.

Pour en savoir plus, veuillez cliquer sur le lien suivant : http://www.amnesty.org/fr/library/info/AFR60/001/2010/fr.

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