FORUM SOCIAL MONDIAL : Pour qu’un autre monde soit possible : le respect de tous les droits humains pour tous

Index AI : ACT 79/005/2003

COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Porto Alegre. À l’heure où, dans le cadre du Forum social mondial, la
société civile internationale débat des enjeux de la mondialisation
croissante de l’économie, Amnesty International souligne la nécessité d’une
véritable mondialisation de la justice, des droits humains et de
l’obligation de rendre des comptes pour combattre les inégalités et lutter
contre la pauvreté, l’insécurité et la répression auxquelles des millions de
personnes à travers le monde sont confrontées.

« Le témoignage d’une plus grande attention aux droits humains dans les
processus d’intégration mondiale apporterait à ces processus les fondements
éthiques qui leur font tant défaut », a déclaré Paul Hoffman, président du
Comité exécutif international d’Amnesty International. « Par dessus tout,
cela nous rappellerait que toute personne - quel que soit son pays - a le
droit de vivre dans la dignité et la liberté. La mondialisation doit être
considérée comme un échec si elle ne bénéfice pas aux plus vulnérables et
aux plus pauvres de la planète. »

L’intégration croissante de l’économie mondiale, notamment par le biais des
investissements étrangers et du développement du commerce, est une force
puissante, qui entraîne des migrations, la perte des moyens de subsistance
traditionnels et des bouleversements sociaux et culturels liés aux
changements qui surviennent dans les domaines de l’emploi, des modes de
consommation et des préférences culturelles. En ce qui concerne les droits
humains, les effets négatifs de la mondialisation sont visibles sur tous les
droits, mais plus particulièrement sur ceux des personnes qui sont déjà
marginalisées.

En voici quelques exemples parmi tant d’autres : les femmes qui vont
travailler dans les usines mexicaines d’assemblage de produits destinés à
l’exportation le font peut-être pour gagner un peu plus d’argent qu’elles
n’en gagneraient dans leur village, mais de nombreuses affaires montrent que
ce choix les expose à de nouvelles formes de violences et d’exactions
sexospécifiques. Les enfants des rues en Afrique, en Asie et en Amérique
latine sont fortement menacés de violences aux mains de la police. Les plus
pauvres et les plus marginalisés sont présents de manière disproportionnée
dans les statistiques pénales et sont couramment victimes de violations de
leurs droits fondamentaux. Les militants de la terre dans des pays comme le
Brésil sont menacés et tués, tandis que les populations indigènes sont
chassées de leurs terres, qui sont ensuite souvent vendues à des entreprises
multinationales. Les travailleurs qui revendiquent des droits et des
conditions de travail appropriés sont souvent victimes d’une violente
répression, comme cela a été le cas au Nigéria en août 2002, lorsque la
police et l’armée ont réprimé brutalement une manifestation pacifique de
femmes aux portes de l’entreprise Shell Petroleum Development and Chevron
Nigeria.

« L’un des éléments clés pour combattre ces tendances négatives pourrait
être de coupler la suppression des barrières commerciales avec une levée des
barrières qui empêchent la grande majorité de la population mondiale de
jouir pleinement de l’intégralité de ses droits, et de promouvoir activement
le respect de tous les droits humains pour tous », a ajouté Paul Hoffman.
« Pour obtenir ce respect de tous les droits humains pour tous, il convient
de remettre en cause l’idée selon laquelle les droits peuvent être séparés
les uns des autres, comme si le droit à la vie pouvait être séparé des
droits à la nourriture, à l’eau, au travail et aux soins médicaux, ou le
droit à la liberté d’expression être séparé du droit de recevoir une
éducation. Il faut aussi combattre l’argument selon lequel les droits de
certains groupes, de certaines personnes ou de certains États peuvent être
sacrifiés sur l’autel de la sécurité, des droits ou des intérêts des autres.
 »

Parallèlement, le pouvoir croissant exercé par les acteurs économiques
privés - tels que les multinationales - nécessite un renforcement des
mécanismes juridiques afin que ces acteurs puissent avoir à rendre des
comptes pour leur participation directe ou indirecte aux atteintes aux
droits fondamentaux.

« Les normes internationales existantes en matière de droits humains mettent
les gouvernements dans l’obligation de respecter et de protéger les droits
de la personne humaine. Dans la mesure où ils peuvent avoir une influence
sur ces droits, les acteurs économiques doivent être soumis à la même
obligation », a conclu Paul Hoffman, soulignant qu’il s’agissait d’un des
principaux messages qu’Amnesty International souhaitait faire passer à
l’occasion de ce Forum social mondial.

Des mises à jour régulières et d’autres outils médiatiques en provenance du
Forum économique mondial et du Forum social mondial sont disponibles sur
notre site web : http://www.web.amnesty.org/mavp/av.nsf/pages/WESF

Par ailleurs, des précisions supplémentaires sur le programme d’Amnesty
International pour ces deux forums, ainsi que sur sa participation passée
aux Forums sociaux européen et asiatique, peuvent être consultées à
l’adresse : http://web.amnesty.org/web/web.nsf/pages/ec_briefings_fora

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