France. L’opposant kazakh Moukhtar Abliazov ne doit pas être extradé

La décision de la cour d’appel de Lyon, en France, d’autoriser l’extradition vers la Russie du banquier et opposant kazakh Moukhtar Abliazov a lancé un processus qui aboutira sans doute à son renvoi forcé vers le Kazakhstan, où il est recherché pour détournements de fonds, a déclaré Amnesty International vendredi 24 octobre.

«  S’il est extradé, Moukhtar Abliazov risque de subir de graves violations des droits humains. Non seulement nous craignons qu’il ne bénéficie pas d’un procès équitable en Russie, mais aussi qu’il finisse par être renvoyé au Kazakhstan, où il risque d’être torturé et soumis à des mauvais traitements, a déclaré Julia Hall, spécialiste de la question de la lutte contre le terrorisme et des droits humains au sein d’Amnesty International.

« Les services de sécurité russes collaborent en permanence avec leurs homologues kazakhs. Les autorités françaises ne doivent pas extrader Moukhtar Abliazov vers un pays qui risque de le transférer à son tour vers le Kazakhstan. »

Le Kazakh Moukhtar Abliazov, banquier en fuite et éminent opposant politique du président kazakh Noursoultan Nazarbaïev, a été appréhendé par la police française le 31 juillet 2013 lors d’une descente effectuée dans une maison à Mouans-Sartoux, près de Cannes.

En donnant le feu vert à l’extradition de Moukhtar Abliazov vers la Russie, la cour de Lyon a fait droit à une requête parallèle de l’Ukraine, tout en soulignant la primauté de l’extradition vers la Russie.

Au mois d’avril, la Cour de cassation avait annulé la décision autorisant l’extradition de Moukhtar Abliazov et statué que la procédure d’extradition vers la Russie et l’Ukraine pour détournements de fonds devait débuter à nouveau devant la cour d’appel de Lyon.

« Les pays européens, notamment la France, doivent montrer l’exemple et assurer le respect et la protection des droits fondamentaux de Moukhtar Abliazov. Faute de quoi, l’Europe se verrait impliquée dans les violations des droits humains persistantes qui sévissent dans les républiques d’Asie centrale, dont le Kazakhstan, où la torture et les mauvais traitements sont monnaie courante en détention. »

Voir aussi :
Dans un rapport publié en juillet 2013 sous le titre Return to torture : Extradition, forcible returns and removals to Central Asia, Amnesty International décrit la coopération qui existe entre la Russie, l’Ukraine et certaines républiques d’Asie centrale, dont le Kazakhstan, pour les transferts de personnes vers ces pays d’Asie centrale, souvent au mépris de leurs droits fondamentaux.

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