Gambie. Condamnation de six journalistes à deux ans d’emprisonnement à la prison Mile Two

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

ÉFAI
7 août 2009

Amnesty International a exprimé ce vendredi 7 août sa consternation face à la condamnation à des peines d’emprisonnement hier en Gambie de six journalistes, dont trois hauts responsables du Syndicat de la presse gambienne. Ils ont été condamnés à une peine statutaire de deux ans d’emprisonnement et à une amende de 250 000 dalasi (environ 6 600 euros) pour deux des six chefs d’accusation. Le défaut de paiement entraînera deux ans d’emprisonnement supplémentaires par chef d’accusation.

Les journalistes ont été reconnus coupables de six chefs de sédition et de diffamation. Ils ont été envoyés à la prison centrale d’État Mile Two.

Les six personnes condamnées sont : Emil Touray, secrétaire général du Syndicat de la presse gambienne (GPU) ; Sarata Jabbi Dibba, vice-présidente du GPU ; Pa Modou Faal, trésorier du GPU ; Pap Saine et Ebou Sawaneh, éditeur et rédacteur en chef du journal The Point et Sam Sarr, rédacteur en chef du journal Foroyaa.

« Ces journalistes sont des prisonniers d’opinion, sanctionnés pour avoir exprimé de manière pacifique leur point de vue, a déclaré Erwin van der Borght, directeur du programme Afrique d’Amnesty International. Il faut qu’ils soient libérés immédiatement et sans condition. »


Complément d’information

Sept journalistes gambiens ont été arrêtés le 15 juin 2009 après avoir publié une déclaration du syndicat de la presse reprochant au président Yahya Jammeh d’avoir tenu des propos «  déplacés » sur la chaîne de télévision publique, au sujet du meurtre du rédacteur en chef du Point, Deyda Hydara.

Lors d’une interview accordée le 8 juin au service public de la télévision et de la radio gambiennes, le président Jammeh aurait déclaré, selon les informations parues dans la presse, que l’enquête sur le meurtre de Deyda Hydara n’avançait pas et qu’il suggérait aux journalistes intéressés de « demander à Deyda Hydara qui l’avait tué ».

Le 18 juin, les sept journalistes ont été inculpés de sédition ; l’un d’entre eux a été libéré sous caution et les autres ont été placés en détention à la prison de Mile Two. Le 22 juin, les six journalistes incarcérés ont été libérés sous caution.

La répression des médias en Gambie ne date pas d’aujourd’hui. Le manque d’indépendance de la justice dans les affaires impliquant des journalistes et des défenseurs des droits humains est également de plus en plus présent.

En novembre 2008, lors de la 44e session ordinaire de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples à Abuja, au Nigeria, Amnesty International a diffusé un rapport intitulé Gambia : Fear Rules, qui mettait l’accent sur la détérioration de la situation des droits humains en Gambie.

Le 22 juillet 2009, Amnesty International et des associations de toute l’Afrique ont organisé une journée d’action pour protester contre la poursuite des violations des droits humains, et en particulier de la répression des médias, en Gambie.

Toutes les infos

Infos liées

Toutes les actions

Actions liées

Marathon 2017 : SIGNEZ POUR LES DÉFENSEURS DES DROITS HUMAINS

Cette année, les 10 individus en danger du Marathon des lettres sont des défenseurs des droits humains. Ils ont tous besoin de votre aide. Nous vous proposons de signer pour eux, en un seul clic.