Communiqué de presse

Gambie. Il faut abandonner les charges pesant contre deux journalistes qui souhaitaient manifester contre les exécutions

Les autorités gambiennes doivent abandonner les charges retenues contre deux journalistes arrêtés parce qu’ils avaient déposé une demande d’autorisation pour organiser une manifestation pacifique contre les exécutions de neuf condamnés à mort, a déclaré Amnesty International.

Baboucarr Ceesay, premier vice-président du GPU, le syndicat de la presse gambienne, et Abubacarr Saidykhan, journaliste indépendant, ont été inculpés le 10 septembre de complot en vue de commettre une infraction majeure.

Les deux journalistes ont été libérés sous caution le 10 septembre et doivent se présenter au commissariat le 17.

Ils avaient été interpellés trois jours auparavant après avoir déposé une demande auprès de la police gambienne pour manifester pacifiquement contre les exécutions de neuf condamnés à mort, qui ont eu lieu au mois d’août.

« C’est un nouvel exemple de l’intolérance absolue du gouvernement gambien vis-à-vis de toute critique, a indiqué Lisa Sherman-Nikolaus, chercheuse sur l’Afrique de l’Ouest à Amnesty International.

La lettre qui a conduit à l’arrestation des journalistes a été adressée à l’inspecteur général de la police. Elle était intitulée : «  Demande d’autorisation pour organiser une manifestation pacifique. »

Dans cette lettre, il est écrit : « Nous respecterons notre principe de non-violence durant toute la durée [de la manifestation]. Nous voulons manifester parce que nous redoutons, si nous restons assis sans rien faire, qu’il y ait une autre exécution. »

« Les autorités gambiennes doivent abandonner immédiatement et sans condition toutes les accusations portées contre Baboucarr Ceesay et Abubacarr Saidykhan. Ils ont été pris pour cibles uniquement parce qu’ils ont tenté d’exercer leur droit à la liberté d’expression et de réunion pacifique », a indiqué Lisa Sherman-Nikolaus.

Les deux journalistes ont adressé cette lettre à la police gambienne le 6 septembre, demandant l’autorisation d’organiser une manifestation pacifique le lendemain.

Mais ils ont été arrêtés dans la soirée du 6 septembre après s’être rendus à un poste de police, et ce à la demande de fonctionnaires de police, ont révélé certaines sources à Amnesty International.

Ils ont été conduits à leur domicile le 7 septembre, où la police a procédé à une perquisition.

À la suite de leur arrestation, ils ont été retenus tout le week-end, pendant une période excédant la limite maximum de 72 heures de détention sans inculpation fixée par la Constitution gambienne. Leur avocat et le syndicat de la presse gambienne ont tenté de leur rendre visite en détention, mais en vain.

Amnesty International a cherché à plusieurs reprises à confirmer les détails de leur détention auprès des services de police gambiens, mais n’a obtenu aucune information.

La caution a été fixée à environ 6 200 euro chacun.

« Les autorités gambiennes doivent protéger ceux qui exercent leurs droits à la liberté d’expression et de réunion, et veiller à ce que les journalistes et les militants des droits humains puissent mener à bien leur travail sans ingérence du gouvernement », a expliqué Lisa Sherman-Nikolaus.

Parmi les condamnés à mort en Gambie, on compte d’anciens représentants de l’État et hauts gradés de l’armée incarcérés pour trahison.

Amnesty International, ainsi que 66 organisations internationales de défense des droits humains et organisations de la société civile ouest-africaine, ont fait part de leur indignation en apprenant les exécutions qui ont eu lieu le 23 août. Elles se sont déroulées en secret, sans que les condamnés ni leurs familles n’en soient informés.

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