Communiqué de presse

Gaza. Le Hamas doit mettre fin aux exécutions sommaires, les « informateurs » risquant d’être passés par les armes

Le Hamas doit mettre fin à sa campagne d’exécutions sommaires de collaborateurs présumés, a déclaré Amnesty International vendredi 22 août après qu’au moins 18 nouveaux Palestiniens ont été passés par les armes pour avoir semble-t-il fourni des informations à Israël.

Cela porte le nombre de soi-disant informateurs exécutés ces derniers jours à 21, dont plusieurs personnes arrêtées jeudi 21 août en relation avec l’homicide de trois commandants du Hamas par les forces israéliennes.

« Ces exécutions en rafale attribuées au Hamas sont d’autant plus choquantes que les victimes ont été condamnées à mort à l’issue de procès qui, lorsqu’ils ont eu lieu, étaient sommaires et contraires aux normes d’équité les plus élémentaires », a déclaré Anne Fitzgerald, directrice de l’unité Recherche et réaction aux crises d’Amnesty International.

« Le Hamas doit immédiatement et totalement cesser de recourir à la peine capitale. »

Au moins 11 personnes, dont deux femmes, ont été tuées vendredi 22 août par un peloton d’exécution dans la cour de la prison d’al Katiba, dans l’ouest de la ville de Gaza.

Sept autres ont été exécutées après la prière du vendredi devant la principale mosquée de la ville.

Un morceau de papier cloué au mur de la mosquée a annoncé qu’elles avaient fourni à l’ennemi des informations sur des tunnels, des maisons et d’autres endroits où des roquettes étaient entreposées. Ces lieux ont ensuite été bombardés, ce qui a causé la mort de nombreux combattants du Hamas.

« Le jugement du tribunal révolutionnaire a par conséquent été appliqué », expliquait la note.

L’identité des personnes exécutées n’est pas encore connue, car elles avaient la tête couverte. Les tireurs du peloton d’exécution étaient eux aussi masqués.

Le site Internet Al Rai, administré par le Hamas, a prévenu que « le même châtiment sera bientôt imposé à d’autres ». La trahison est une infraction punie de la peine de mort dans le droit palestien.

En vertu de ce dernier, toutes les condamnations à mort doivent être ratifiées par le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, mais le gouvernement du Hamas procède à des exécutions sans demander l’approbation du président.

« Ôter la vie à quelqu’un à l’issue d’une procédure sommaire et manifestement inéquitable est clairement cruel et inhumain. Le Hamas doit par ailleurs se souvenir que le droit à un procès équitable devant un tribunal compétent reste en vigueur dans les périodes de conflit armé », a déclaré Anne Fitzgerald.

Israël a tué trois commandants militaires du Hamas lors d’une frappe aérienne ayant visé une maison du sud de la bande de Gaza jeudi 21 août. Cette attaque a en outre fait sept autres morts parmi les voisins et les membres de la famille de ces hommes.

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