Géorgie, L’absence de protection par les autorités d’une marche des fiertés encourage la violence

Géorgie Marche des fiertés

Le bureau de la marche des fiertés à Tbilissi a été saccagé et des militants et des journalistes ont été attaqués

« Les violences commises contre les organisateurs et organisatrices d’une marche des fiertés à Tbilissi, contre des militant·e·s et contre des journalistes sont affligeantes et elles étaient prévisibles. Les autorités géorgiennes portent la responsabilité de n’avoir pas assuré leur sécurité et leurs droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique. Au lieu de prévoir que les choses allaient prendre cette tournure et de mettre en place une solide parade face à des violences, le gouvernement a déployé un nombre insuffisant de policiers qui ont simplement réagi face à de violentes attaques, au lieu d’organiser une protection des militant·e·s LGBTI, a déclaré Denis Krivosheev, directeur adjoint pour l’Europe de l’Est et l’Asie centrale à Amnesty International.

« Les autorités ont l’impudence d’attribuer la responsabilité de ces attaques aux organisateurs et organisatrices de la marche des fiertés, leur demandant d’annuler cet événement au lieu de leur procurer une protection. De plus, elles manquent encore à leur devoir en n’enquêtant pas de façon adéquate sur les violences et en n’amenant pas les responsables présumés de ces violences à rendre des comptes.

« Les autorités doivent cette fois faire les bons choix. Les autorités doivent également condamner publiquement les attaques contre les personnes LGBTI, en faisant clairement savoir qu’une telle violence est une infraction reconnue par la loi et ne saurait être tolérée. Elles doivent enquêter dans les meilleurs délais sur ces attaques et engager des poursuites contre les responsables présumés dans le cadre d’une procédure équitable. En s’abstenant une fois de plus de prendre les mesures nécessaires face à des violences homophobes, les autorités ne feront que favoriser l’impunité et propager un dangereux message indiquant que de telles attaques sont tolérées, ce qui prépare le terrain pour de nouvelles violences visant les personnes, les militant·e·s et les organisations LGBTI. »

Informations complémentaires

La marche des fiertés de Tbilissi devait avoir lieu le 5 juillet 2021, mais elle a été annulée à la suite du rassemblement dans le centre-ville de contre-manifestant·e·s violents. Des membres d’une foule homophobe violente sont montés sur le balcon du bureau de la marche des fiertés de Tbilissi, ont déchiré le drapeau arc-en-ciel, brisé les fenêtres et saccagé les locaux. Les membres du personnel du mouvement Shame Movement, qui accueillaient dans leurs locaux les organisateurs et organisatrices de la marche des fiertés, ont été obligés d’évacuer les lieux. Selon les médias, un petit nombre de policiers étaient présents sur les lieux et ils ne sont pas intervenus de façon adéquate. Les nombreux journalistes venus couvrir la marche des fiertés qui ont été témoins de ces faits ont alors eux-mêmes été attaqués par la foule homophobe.

Le ministère de l’Intérieur a déclaré avoir ouvert une enquête sur ces cas d’« ingérence dans les activités professionnelles de journalistes » (article 154 du Code pénal du pays) et de « violence » (article 126). Le ministère a en outre appelé les organisateurs et organisatrices de la marche des fiertés de Tbilissi à ne pas organiser la marche dans un « espace public ouvert » en raison de l’« ampleur » du rassemblement des contre-manifestant·e·s.

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