Géorgie / Russie. Sécurité pour les civils et obligation de rendre des comptes pour les gouvernements


COMMUNIQUÉ DE PRESSE

ÉFAI

Alors que les observateurs mandatés par l’Union européenne (UE) prennent leurs fonctions en Géorgie, les préoccupations en matière de sécurité, le problème des munitions larguées lors du conflit russo-géorgien du 7 au 13 août qui n’ont pas explosé, et la destruction à grande échelle des biens dans certaines zones touchées par les affrontements continuent de compromettre le droit au retour de dizaines de milliers de personnes.

« Les tirs, les pillages et les agressions motivées par des considérations ethniques en Ossétie du Sud et dans la zone tampon adjacente contrôlée par les Russes affectent le sort de ceux qui habitent encore dans ces régions et portent atteinte au droit au retour de ces Géorgiens de souche qui ont fui leur foyer, a déclaré Nicola Duckworth, directrice du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International.

« Les autorités russes et géorgiennes, ainsi que le gouvernement de facto d’Ossétie du Sud, doivent faire tout leur possible pour garantir la sécurité de tous, sans discrimination, et apporter une aide à tous ceux qui en ont besoin. Il faut permettre à ceux qui ont dû fuir leur foyer de rentrer en toute sécurité et réinstaller ceux qui ne peuvent ou ne souhaitent pas rentrer », a conclu Nicola Duckworth.

Par ailleurs, il est urgent de neutraliser les engins n’ayant pas explosé. Aussi Amnesty International prie-t-elle toutes les parties au conflit de divulguer les informations relatives aux munitions utilisées.

Les missions de surveillance internationale, qui ne sont pas encore autorisées à travailler en Ossétie du Sud, doivent couvrir toutes les zones touchées par le conflit, surveiller la situation des droits humains conformément à leur mandat et rendre publiques leurs conclusions.

Des centaines de civils ont été tués et bien d’autres blessés durant et après le conflit. Des biens civils, appartenant pour la plupart à des Géorgiens de souche, ont été détruits et pillés.

D’après les informations recueillies au cours de quatre missions menées par Amnesty International dans la région en août 2008 et les éléments émanant d’autres sources, de graves violations du droit international humanitaire et relatif aux droits humains ont été commises par toutes les parties, à la fois pendant et après le conflit.

« Les responsables présumés de graves violations du droit international humanitaire et relatif aux droits humains doivent être traduits en justice. Si le droit international l’exige, la paix durable et la stabilité de la région en dépendent », a expliqué Nicola Duckworth.

Aussi Amnesty International demande-t-elle aux parties au conflit d’accepter qu’une mission étoffée, mise sur pied par la communauté internationale, enquête de manière approfondie sur toutes les allégations de graves violations du droit humanitaire et relatif aux droits humains perpétrées dans le cadre du conflit.

« Les besoins présents ne sauraient occulter la responsabilité pour les actes passés », a conclu Nicola Duckworth.

Complément d’information

D’après le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), quelque 163 000 personnes ont été contraintes de fuir leur foyer : 127 000 sont parties ailleurs en Géorgie et 36 000 en Fédération de Russie. Depuis la fin des hostilités, la vaste majorité des Ossètes du Sud ayant fui vers la Russie auraient été en mesure de rentrer chez eux.

Sur les quelque 127 000 personnes déplacées sur le territoire géorgien, seules quelque 68 000 ont pu rentrer chez elles, tandis qu’environ 5 000 devraient pouvoir le faire d’ici la fin de l’année. On pense que 23 000 pourront rentrer à leur domicile en 2009. Toutefois, le HCR a souligné que les 31 000 personnes restantes ne seront probablement pas en mesure de rentrer chez elles dans un avenir proche – quelque 22 000 ont fui l’Ossétie du Sud, 8 000 sont originaires de régions inaccessibles de la zone tampon et 1 000 viennent d’Abkhazie.

Voir aussi :

Géorgie / Russie. La protection des civils et l’obligation de rendre des comptes pour les violations commises doivent être la priorité de toutes les parties impliquées, index AI : EUR 04/004/2008 ;
Conseil de l’Europe. Il faut maintenir le suivi des conséquences sur les droits humains du conflit entre la Géorgie et la Russie, index AI : EUR 04/003/2008.

Note :

Par ailleurs, Amnesty International a écrit aux gouvernements de Géorgie et de Russie, ainsi qu’au gouvernement de facto d’Ossétie du Sud, afin qu’ils lui fournissent d’autres informations sur ces violations présumées du droit international humanitaire et relatif aux droits humains, avant de publier ses conclusions dans un rapport.

FIN

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