Grand Prix de Formule 1- le cache-misère du Bahreïn

Le week-end du 2 avril 2016, Bahreïn va accueillir son Grand Prix de Formule 1, un événement prestigieux qui va placer le pays sous l’œil des caméras du monde entier. Cependant, à l’écart du circuit de Formule 1, Amnesty International continue de recueillir des informations faisant état d’un éventail effroyable de violations des droits humains.

« Derrière les bolides et les tours de circuit menant à la victoire se trouve un gouvernement qui resserre son étau autour du moindre signe de dissidence dans le pays, multipliant les arrestations et les manœuvres d’intimidation et de harcèlement à l’encontre des opposants politiques, de ses détracteurs et des militants. Avec l’érosion alarmante des droits humains survenue à Bahreïn ces dernières années, quiconque ose critiquer les autorités ou demander des réformes prend aujourd’hui le risque d’être sévèrement sanctionné », a déclaré James Lynch, directeur adjoint du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International.

« Les modestes réformes introduites après le soulèvement de 2011 ont manifestement échoué à répondre aux espoirs et aux promesses qu’elles avaient suscités en matière de protection et de promotion des droits humains. »

Amnesty International appelle les autorités bahreïnites à célébrer le Grand Prix en libérant immédiatement et sans conditions tous les prisonniers d’opinion détenus uniquement pour avoir exprimé pacifiquement leurs opinions.

Parmi ces prisonniers figurent trois opposants politiques de premier plan : Sheikh Ali Salman, Ebrahim Sharif et Fadhel Abbas Mahdi Mohamed, ainsi que la défenseure des droits humains Zainab Al Khawaja, qui a été arrêtée et placée en détention le 14 mars 2016 avec son bébé, Hadi, afin de purger la peine d’emprisonnement à laquelle elle a été condamnée pour avoir déchiré une photo du roi. D’autres opposants politiques arrêtés en 2011 se trouvent toujours derrière les barreaux.

Parmi les autres sujets pouvant être abordés figurent :

  • la persistance des pratiques répressives, notamment des restrictions à la liberté de réunion et d’association – par exemple, les manifestations sont interdites dans la capitale, Manama ;
  • l’absence d’obligation de rendre des comptes pour les membres des forces de sécurité impliqués dans des homicides, des actes de torture et d’autres mauvais traitements ;
  • le fait que de longues peines de prison continuent d’être prononcées à l’issue de procès contraires aux règles d’équité les plus élémentaires ;
  • l’utilisation croissante de mesures extrêmes et illégales pour réduire l’opposition au silence, par exemple la déchéance de nationalité suivie du bannissement du pays.
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