Grèce. Le maintien de l’ordre lors des manifestations doit s’effectuer de manière responsable

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Des policiers anti-émeutes menaçant des manifestants d’employer leurs armes à feu. Athènes, Grèce, 7 décembre 2008 © Kostas Tsironis

Amnesty International appelle les autorités grecques à profiter de ce que
des enquêtes judiciaires et policières s’ouvrent sur les manifestations
violentes qui ont secoué la Grèce ces derniers mois pour résoudre les
problèmes que le pays connaît depuis longtemps en ce qui concerne le
maintien de l’ordre.
Dans une synthèse rendue publique ce lundi 30 mars sous le titre Greece :
Alleged abuses in the policing of demonstrations, l’organisation de
défense des droits humains met en évidence des pratiques bien établies de
violations des droits humains par la police contre les civils. Il s’agit
notamment du recours excessif à la force et aux armes à feu, d’actes de
torture et d’autres formes de mauvais traitements, de détention arbitraire
et de privation d’entrée en contact rapide avec un avocat.

« À maintes reprises, des policiers ont été accusés d’avoir utilisé une
force excessive contre des manifestants et de les avoir privés de leurs
droits lorsqu’ils étaient en détention,
a déclaré Nicola Duckworth,
directrice du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International.
La réaction de la police aux récentes émeutes constitue le point d’orgue
d’une politique systématique de graves violations des droits humains par
les responsables de l’application des lois. »

Les manifestations qui, dans de nombreux cas, ont dégénéré en émeutes ont
été déclenché par la mort, le 6 décembre 2008, d’Alexis Gregoropoulos, un
jeune garçon de quinze ans tué par un policier servant dans l’unité des
gardes spéciaux.
Depuis la fin des manifestations en janvier 2009, Amnesty international a
reçu un nombre croissant d’allégations de violations imputables à la
police. L’organisation a attiré l’attention du ministre de l’Intérieur,
Prokopis Pavlopoulos, sur plusieurs cas en décembre 2008 et janvier 2009 où des policiers sont accusés d’avoir arbitrairement arrêté, maltraité et détenu des manifestants pacifiques et où des détenus, dont des mineurs,
n’ont pas été autorisés à prendre rapidement contact avec un avocat.
« Ces événements devraient être utilisés comme catalyseur par le
gouvernement pour l’ouverture d’une commission d’enquête de grande
envergure qui enquêterait non seulement sur les événements récents mais
aussi sur des questions de fond telles que la formation des policiers en
matière de recours à la force et aux armes à feu »
, a ajouté Nicola
Duckworth.

Amnesty International sait qu’aux termes du droit international les
autorités grecques ont la responsabilité et l’obligation d’assurer la
sécurité des biens et des personnes, et elle reconnaît les difficultés
auxquelles sont confrontés les membres des forces de l’ordre lorsqu’ils
doivent contenir des manifestations violentes. Cependant, il est aussi du
devoir de la police, aux termes du droit international, de veiller à ce
que les normes internationales, y compris celles qui traitent du recours à
la force, soient respectées lors des opérations de maintien de l’ordre
pendant les manifestations.
L’organisation demande aux autorités grecques de s’atteler au problème des
violations systématiques qui ont conduit à ce que la population ne fasse
plus confiance aux forces de l’ordre.
« La population grecque a le droit à un maintien de l’ordre opéré dans le
respect des obligations nationales et internationales du gouvernement »
, a
conclu Nicola Duckworth.

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