GUATEMALA : Instruire la violente répression des manifestations

Amnesty International a appelé les autorités guatémaltèques à diligenter une enquête approfondie et indépendante sur les graves incidents qui ont émaillé les manifestations contre l’accord de libre échange avec l’Amérique centrale (ALEAC), ratifié récemment.
Des dizaines de personnes ont été blessées dans divers endroits du pays lors des manifestations contre la ratification de l’accord qui se sont tenues le 14 mars dernier.
Des organisations de la société civile ont dénoncé le recours excessif à la force dont ont fait preuve la police et l’armée.
Selon des informations relayées par la presse, au moins une personne a trouvé la mort et près de 10 autres ont été blessées lorsque l’armée et la police sont intervenues pour disperser les manifestants dans le département de Huehuetenango (dans le nord-est du pays).
Le président guatémaltèque, Óscar Berger Perdomo, a affirmé au journal Diario de Centroamérica, au sujet des manifestants : « C’est l’une des priorités du gouvernement Berger qu’il n’y ait ni privilèges, ni impunité ; un procès sera intenté à toute personne dont il aura été prouvé qu’elle a enfreint la loi. »
Pour Amnesty International, « le gouvernement guatémaltèque a le devoir de prendre au sérieux les allégations d’atteintes aux droits humains commises dans le contexte des manifestations, quels qu’en soient les auteurs présumés, et d’ouvrir des enquêtes sur ces violations. »
Par ailleurs, l’implication continue de l’armée dans les affaires de sécurité intérieure du pays inspire une vive inquiétude à l’organisation. Aux termes des accords de paix signés en 1996, qui ont mis fin à trente-six ans de conflit armé dans le pays, le rôle de l’armée doit se limiter à la défense de la nation contre les agressions extérieures.
Amnesty International constate également que les agissements de l’armée guatémaltèque surviennent quelques semaines seulement après que le Département d’État des États-Unis eut certifié devant le Congrès américain que l’armée n’intervenait plus dans les affaires intérieures du pays. Cette déclaration a été faite dans le cadre de l’accord relatif à un transfert de fonds d’aide militaire approuvés précédemment.

Informations générales
À l’instar des autres gouvernements d’Amérique centrale et de celui des États-Unis, le gouvernement guatémaltèque a signé, en mai 2004, l’accord de libre échange avec l’Amérique centrale (ALEAC). Le Congrès guatémaltèque a ratifié l’ALEAC le 13 mars 2005, et le président l’a approuvé le 14 mars.
Alors que se déroulaient les débats relatifs à la ratification de l’accord, Amnesty International avait exprimé au Congrès sa préoccupation quant aux répercussions que pourrait avoir sur le droit à la santé l’application de l’ALEAC.

Pour en savoir plus sur les inquiétudes de l’organisation au sujet de l’ALEAC, vous pouvez consulter le communiqué de presse précédent (index AI : AMR 34/010/2005) sur le site de l’organisation, à l’adresse suivante :
http://web.amnesty.org/library/Inde...

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