Communiqué de presse

Guatemala. L’affaire Ríos Montt révèle les failles du système judiciaire

La décision d’un tribunal du Guatemala de juger l’ancien président du pays, Efraín Ríos Montt, sur des accusations de génocide et de crimes contre l’humanité, avec un avocat et à huis clos, ouvre certes une nouvelle voie pour la justice, mais met en évidence de profondes lacunes dans le système judiciaire guatémaltèque, qui n’a pu jusqu’à présent satisfaire les victimes, a déclaré Amnesty International.

Selon la presse, les conditions du procès ont été décidées en raison de la santé fragile de l’ancien président, âge de 89 ans. Le procès doit commencer en janvier 2016.

« Cette décision montre clairement que lorsque la justice est retardée pendant si longtemps, il existe un risque très élevé que les responsables de crimes comme les homicides de masse et les disparitions forcées ne soient pas inquiétés », a déclaré Erika Guevara-Rosas, directrice du programme Amériques d’Amnesty International.

« Si les autorités du Guatemala avaient traité les crimes choquants commis sous le régime de Ríos Montt en temps et en heure, au lieu de repousser les procédures à plusieurs reprises, le pays ne se trouverait pas dans cette situation. »

« Les autorités guatémaltèques doivent tirer des enseignements de cette affaire et ne négliger aucun détail afin que toutes les personnes soupçonnées de responsabilité pénale pour les milliers d’homicides et de disparitions qui ont eu lieu au cours des années les plus sombres du pays passent devant les tribunaux. Ces retards ont causé assez de souffrances. Les victimes et leurs proches ont le droit de savoir ce qui s’est passé, d’obtenir la justice et de recevoir des réparations ».

En 2013, Ríos Montt a été condamné à 80 années d’emprisonnement sur des accusations de crimes contre l’humanité et de génocide pour sa responsabilité dans les homicides et actes de torture à l’encontre de 1 771 indigènes mayas ixils et le déplacement forcé de dizaines de milliers d’autres alors qu’il était président et commandant en chef de l’armée du Guatemala (1982-1983).

Dans une décision désastreuse pour les victimes, la Cour constitutionnelle du Guatemala a plus tard annulé le verdict pour des questions de procédure.

Une commission vérité soutenue par l’ONU a estimé que quelque 200 000 personnes avaient été tuées ou avaient « disparu » pendant les 36 années de guerre civile au Guatemala (de 1960 à 1996). Plus de 80 % des victimes étaient des indigènes mayas.

Malgré les efforts récents visant à renforcer la justice et l’obligation de rendre des comptes pour les crimes passés, l’armée a refusé de fournir des informations lors d’enquêtes sur les homicides, les disparitions forcées, les viols et violences sexuelles, et d’autres crimes commis pendant le conflit.

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