GUATÉMALA : Le harcèlement et les attaques auxquels sont en butte les défenseurs des droits humains doivent cesser

Index AI : AMR 34/038/02

« Le gouvernement du Guatémala doit prendre des mesures efficaces pour mettre un terme aux violences et aux actes d’intimidation dont sont victimes des défenseurs des droits humains dans ce pays », ont déclaré ce jour (jeudi 13 juin 2002) Amnesty International, la Commission internationale de juristes (CIJ) et Human Rights Watch.

Au cours des derniers mois au Guatémala, des organisations non gouvernementales (ONG) ont été les cibles d’un nombre alarmant d’actes d’intimidation, qui se poursuivent sans relâche depuis que la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations unies sur les défenseurs des droits de l’homme, Hina Jilani, s’est rendue dans le pays.

« Tout porte à croire que ces agissements sont liés les uns aux autres, et il est possible qu’ils entrent dans le cadre d’une campagne organisée pour intimider ceux qui s’emploient à recueillir des informations sur les violations des droits humains commises par le passé, et à faire traduire en justice les responsables », a indiqué Amnesty International.

Depuis de nombreuses années, la situation des défenseurs des droits humains au Guatémala préoccupe au plus haut point la communauté internationale, qui a demandé à maintes reprises que soient protégés ceux qui se consacrent à la défense des droits de la personne, souvent au péril de leur propre vie.

« Dans toute société, l’action indépendante de la société civile contribue de manière sensible à garantir que l’État protège les droits humains et qu’il agit dans le cadre du droit national et international », a rappelé la CIJ, en soulignant qu’en 1998, l’Assemblée générale des Nations unies avait reconnu l’importance de cette contribution en adoptant la Déclaration sur le droit et la responsabilité des individus, groupes et organes de la société de promouvoir et protéger les droits de l’homme et les libertés fondamentales universellement reconnus.

« Il est essentiel que les autorités guatémaltèques assurent une protection maximale aux défenseurs des droits humains et s’engagent à enquêter sur tous les cas de menaces et de harcèlement, ainsi qu’à traduire en justice les responsables présumés », a ajouté Human Rights Watch.

Les trois organisations appellent plus particulièrement le président Alfonso Portillo Cabrera à faire tout ce qui est en son pouvoir pour :
– que ceux qui sont chargés d’enquêter sur ces infractions disposent de toutes les ressources matérielles, techniques et humaines nécessaires pour pouvoir mener leurs investigations de manière exhaustive ;
– que les enquêteurs bénéficient de l’entière coopération de toutes les institutions de l’État, notamment des forces de sécurité ;
– que les organisations issues de la société civile puissent participer activement à ces investigations, en veillant à ce qu’elles soient tenues au courant de l’avancement de chaque enquête.

« Malheureusement, ces menaces n’ont rien de nouveau et leur caractère violent nous rappelle l’histoire récente du Guatémala, qui a été marquée par de très graves atteintes aux droits humains, ont poursuivi les trois organisations. Il est temps que le gouvernement guatémaltèque tourne cette page affligeante de l’histoire du pays, et qu’il prenne toutes les mesures qui s’imposent pour protéger chacun de ceux qui s’emploient à défendre les droits fondamentaux de tous et à renforcer le respect de ces droits au sein de la société guatémaltèque », ont elles conclu.

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