GUATÉMALA Recrudescence des agressions contre les défenseurs des droits humains

Index AI : AMR 34/007/2005
ÉFAI

Vendredi 21 janvier 2005

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Depuis le début de l’année, les défenseurs des droits humains sont victimes
d’agressions en nombre croissant de la part de groupes clandestins et du
crime organisé, dans le but de les intimider et de saboter leur travail. Ils
ont été la cible de menaces de mort, de coups de feu, de fausses alertes à
la bombe et de « cambriolages » au cours desquels des informations sensibles
ont disparu.

Le 14 janvier 2005, la voiture de Makrina Gudiel a été aspergée d’essence
dans l’intention de la brûler vive. Elle a réussi à s’échapper et
actuellement elle se cache.

Makrina Gudiel est conseillère municipale dans une petite ville du sud du
pays dont son père, Florentin Gudiel, était le maire. Le 20 décembre 2004,
alors qu’il rentrait chez lui à vélo, plusieurs hommes lui ont tiré dans le
dos. Alors qu’il gisait à terre, ils l’ont achevé de deux balles dans la
tête. On ne lui a rien volé. Comme sa fille, il menait activement campagne
contre la corruption.

Le 11 janvier 2004, le Centro para la Acción Legal en Derechos Humanos
(CALDH, Centre pour la poursuite en justice des responsables de violations
des droits fondamentaux) a été la cible d’une alerte à la bombe. Cette
organisation avait déjà été menacée par des membres des anciennes
Patrouilles civiles, des unités paramilitaires qui combattaient du coté de
l’armée lors du conflit qui a déchiré le pays pendant 36 ans. Ces unités se
sont alors rendues coupables de nombreuses atteintes aux droits humains. Des
groupements constitués d’anciens membres de ces unités ont dénoncé
publiquement le CALDH et d’autres organisations à cause de leur opposition
au projet du gouvernement de verser des indemnités aux ex-membres des
Patrouilles civiles.

Le 10 janvier 2004, en revenant dans leurs bureaux, des membres de
l’Association des personnes déplacées ont constaté la disparition de
certains équipements et de documents sensibles. Cette association travaille
avec des communautés qui ont été déplacées lors du conflit armé interne et
demande au gouvernement de respecter ses engagements les concernant.

L’association Hijos por la Identidad y la Justicia contra el Olvido y el
Silencio (HIJOS, Enfants pour l’identité et la justice contre l’oubli et le
silence), est constituée de personnes qui cherchent à faire la lumière sur
le sort réservé à leurs parents « disparu » et à poursuivre les
responsables. Le 9 janvier 2005, les bureaux de cette organisation ont été
cambriolés. Trois ordinateurs comportant des informations sur les activités
de l’association, des dossiers contenant des documents importants et deux
caméras digitales ont disparu. Par contre, des objets de valeur (scanners et
imprimante) n’ont pas été emportés.

Le 7 janvier 2005, des agresseurs armés ont poursuivi Leonel Garcia Acuña,
un syndicaliste travaillant dans une petite ville de l’est du pays. Ils ont
tiré sur lui tout en criant qu’il fallait « tuer ce fils de pute, ne pas le
laisser vivre ». Il a cependant réussi à s’enfuir et à se réfugier dans un
village voisin. Une semaine plus tôt, Leonel Garcia Acuña avait participé à
une réunion visant à résoudre un conflit du travail qui s’éternisait. Les
employeurs avaient déclaré que le syndicat était leur « pire ennemi ».

La liste de ce genre d’affaire est longue.

« Ces agressions contre les défenseurs des droits humains sont liées à
l’absence de volonté politique de lutter contre le manque de justice et
contre les groupes clandestins, un problème qui se pose depuis déjà très
longtemps au Guatémala », a déclaré Amnesty International.

« À plusieurs reprises, le gouvernement du président Berger s’est engagé à
mettre fin à l’impunité, mais il n’a pas fait grand chose pour cela », a
souligné l’organisation. « L’impunité dans laquelle opèrent les groupes
clandestins et ses conséquences quant au respect du droit sont l’un des
principaux problèmes qui se posent au gouvernement du Guatémala. »

Amnesty International renouvelle son appel aux autorités du Guatémala pour
qu’elles enquêtent sur toutes les agressions dirigées contre les défenseurs
des droits humains et qu’elles en traduisent les auteurs en justice.

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