Guatemala. Tous les documents militaires doivent être communiqués

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Ce 27 février, Amnesty International a exigé que le gouvernement guatémaltèque fournisse immédiatement et sans condition des documents militaires liés à un procès pour génocide, comme l’avait ordonné la Cour constitutionnelle du pays, le 9 février.

Le 25 février, le ministre de la Défense guatémaltèque a remis à un juge de la première instance pénale deux des quatre documents demandés par la Cour constitutionnelle. Selon la presse, les autorités prétendent que les documents manquants ont été perdus.

« La présentation de ces documents aurait été une avancée significative dans le processus consistant à traduire en justice les personnes accusées de génocide, a déclaré Kerrie Howard, directrice adjointe du programme Amériques pour Amnesty International. Il n’est pas acceptable qu’après s’être opposé pendant deux ans à la publication de ces documents, le ministère de la Défense affirme aujourd’hui qu’ils ont été perdus. »

Le dixième anniversaire de la publication du rapport Memoria del Silencio (Mémoire du silence) de la Comisión de Esclarecimiento Histórico (Commission de la vérité) devrait être l’occasion, pour l’État guatémaltèque, de prouver sa réelle intention de faire justice pour les centaines de milliers de victimes d’atteintes aux droits humains survenues pendant le conflit armé interne. Cependant, une fois de plus, on peut douter de la volonté politique de l’État en la matière, au vu de ses récentes actions.

« Par ailleurs, la décision judiciaire du 25 février est très préoccupante : elle indique en effet que la déclassification de ces documents pourrait être remise en question pour des raisons de sécurité nationale », a ajouté Kerrie Howard.

Amnesty International appelle également le président du Guatemala à tenir sa promesse de mars 2008, par laquelle il s’engageait à rendre publics tous les dossiers militaires relatifs au conflit armé interne.