Communiqué de presse

Haïti. À quand la fin de l’impunité pour les attaques contre les personnes déplacées du séisme de 2010 ?

Une enquête approfondie et impartiale doit être immédiatement ouverte sur les causes de l’incendie qui a sévi, samedi 11 janvier, dans le camp pour personnes déplacées nommé « Comité du peuple progressiste » dans la capitale haïtienne, Port-au-Prince, a déclaré Amnesty International.

Quatre personnes ont péri dans l’incendie, dont trois jeunes enfants, tandis qu’une trentaine d’autres auraient été hospitalisées suite à des brûlures. Tous les abris de fortune des 108 familles résidentes dans le camp ont été complètement détruits par les flammes, ainsi que leurs affaires personnelles.

Selon certains des résidents, l’incendie pourrait avoir été d’origine criminelle. Ils ont déclaré que quelques jours avant l’incident la personne se présentant comme le propriétaire du terrain se serait présentée accompagnée d’hommes armés et de policiers et aurait menacé les résidents que le camp serait détruit s’ils ne déguerpissaient pas de l’endroit.

Quelques semaines avant l’incident, les familles avaient été recensées par l’Organisation internationale des migrations (OIM), dans le but d’être intégrées dans un programme de relocalisation.

Un représentant de la Direction de la protection civile haïtienne interviewé sur les lieux de l’incendie par une radio locale a déclaré que les autorités ouvriraient une enquête sur l’incendie.

« Les autorités haïtiennes ont l’obligation d’enquêter sur ce terrible incident et de traduire en justice les responsables si se confirme l’hypothèse de l’incendie criminelle. On ne peut pas tolérer qu’une fois de plus un acte d’une telle gravité reste impuni », a déclaré Chiara Liguori, chercheuse sur les Caraïbes pour Amnesty International.

Par le passé, plusieurs familles ont été victimes d’incendies similaires dans différents camps pour personnes déplacées de la capitale haïtienne, dont l’origine fut soupçonnée d’être d’origine criminelle. Dans certains cas, les terrains ont été complétement vidés suite aux incendies et les résidents se sont retrouvés de nouveau sans-abri et dépourvus de quelconque type d’assistance de la part des autorités.

« Pourtant personne n’a été traduit en justice, les victimes n’ont reçu aucune réparation et il n’y a aucune preuve que des enquêtes aient effectivement été menées par les autorités haïtiennes » rapporte Chiara Liguori.

Ainsi, durant la nuit du samedi 16 février 2013, des résidents du camp ACRA 2 à Pétion Ville ont vu des hommes armés mettre le feu à leur camp. Le lendemain, un deuxième incendie termina de détruire tous les abris et força les résidents – plusieurs centaines de familles – à évacuer les lieux. Selon les plaintes produites par les résidents et les organisations haïtiennes des droits humains, un enfant aurait péri dans l’incendie.

Bien que les préoccupations exprimées par différentes organisations nationales et internationales de défense des droits humains aient mené certaines autorités à promettre la réalisation d’une enquête sur l’incendie et l’expulsion forcée qui en a suivi, Amnesty International n’a obtenu jusqu’à présent aucune confirmation qu’une telle enquête ait effectivement eue lieu.

« Il est plus que temps que les autorités haïtiennes traduisent en réalité leurs promesses. Si l’incendie et l’expulsion forcée dans le camp Acra 2 n’était pas resté impuni, l’incident au camp Comité du peuple progressiste ne se serait peut-être jamais produit, et des vies humaines auraient pu être épargnées », a déclaré Chiara Liguori.

La surpopulation dans les camps, où les abris sont souvent espacés d’à peine trente centimètres, facilite aussi la propagation des incendies.

« Cet incendie s’est produit la veille du quatrième anniversaire du tremblement de terre. Après quatre années, les familles déplacées ne devraient pas avoir encore à vivre dans ces conditions épouvantables, où une tragédie comme celle du camp Comité du peuple progressiste devient un danger permanent. »

« Les personnes déplacées vivant dans les camps sont victimes de bien trop d’injustices. Les autorités doivent absolument leur apporter la protection dont elles ont droit et faciliter leur accès à la justice pour les violations des droits humains dont elles sont victimes ».

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