Haïti. Amnesty International demande au gouvernement de garantir que les crimes perpétrés sous le régime de Jean-Claude Duvalie soient jugés sous les normes internationales d’équité.

Le Conseil des droits de l’homme adopte les conclusions de l’Examen périodique universel sur Haïti.

Amnesty International est consciente des difficultés auxquelles se heurte Haïti pour protéger et promouvoir les droits humains à la suite du séisme de janvier 2010 et salue les engagements pris par le pays dans le cadre de l’Examen périodique universel, ainsi que les efforts qu’il a fournis pour élaborer son rapport national. L’organisation se félicite également de l’adoption par la Chambre des députés d’une loi en vue de la ratification du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels , et appelle Haïti à redoubler d’efforts pour faire en sorte que, avec le soutien d’autres États parties et de la communauté internationale, les droits énoncés dans cet instrument et d’autres traités internationaux et régionaux relatifs aux droits humains ratifiés par le pays deviennent une réalité pour la population haïtienne.

Plusieurs États ont adressé des recommandations à Haïti pour le renforcement de l’appareil judiciaire et l’état de droit dans le pays Amnesty International est préoccupée par la décision prise récemment par la justice haïtienne d’abandonner les poursuites contre Jean-Claude Duvalier pour les graves violations des droits humains commises alors qu’il était au pouvoir, et dont certaines s’apparentent à des crimes contre l’humanité. Cette décision ne fait que conforter l’impunité qui prévaut dans le pays et constitue un revers cuisant pour le renforcement de l’état de droit. Amnesty International demande au gouvernement de garantir que les crimes qui auraient été perpétrés sous le régime de Jean-Claude Duvalier fassent l’objet d’enquêtes et que les responsables présumés soient déférés à la justice, dans le cadre de procédures conformes aux normes internationales d’équité.

Le séisme de janvier 2010 a fait des milliers de sans-abri. Bien que le nombre de personnes vivant dans des camps de fortune se situe désormais sous la barre du demi-million, le droit au logement reste, pour l’essentiel, un problème en suspens dans le processus de reconstruction Des milliers de personnes ont été expulsées de force des espaces publics ou privés qu’elles occupaient depuis la catastrophe, ou été relogées en l’absence de garanties et de consultation adéquates. Les expulsions ne peuvent avoir lieu qu’en dernier recours et doivent se dérouler de façon conforme aux normes internationales en matière de droits humains et dans le respect de la dignité humaine.

Les violences subies par les femmes et les jeunes filles constituent toujours un grave problème, et l’impunité continue d’être la règle pour ce type de crimes Amnesty International engage le gouvernement à mener à bien l’élaboration, l’adoption et la mise en œuvre d’une nouvelle loi pour lutter contre les violences dont sont victimes les femmes et les jeunes filles, et à protéger leurs droits.

Complément d’information

Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a adopté les conclusions de l’Examen périodique universel sur Haïti lors de sa 19e session, qui s’est tenue le 16 mars 2012. Avant l’approbation du rapport correspondant à cet examen, Amnesty International a fait la déclaration orale ci-dessus. L’organisation a également contribué aux informations sur lesquelles s’est appuyé l’Examen périodique par l’intermédiaire du rapport sur Haïti qu’elle a présenté à cet effet.

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