Haïti. Il faut enquêter sur les allégations de violations des droits humains imputables à Jean-Claude Duvalier

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

ÉFAI

18 janvier 2011

Amnesty International exhorte les autorités haïtiennes à enquêter sur les
violations des droits humains qui auraient été commises sous le régime de
l’ancien président Jean-Claude Duvalier, surnommé « Bébé
Doc », qui vient d’être interpellé à Port-au-Prince.

Jean-Claude Duvalier, accusé d’être responsable de nombreuses atteintes aux
droits humains perpétrées alors qu’il était au pouvoir de 1971 à
1986, a été arrêté après avoir été
interrogé par la police mardi 18 janvier. On ignore encore quels chefs d’inculpation vont
être retenus contre lui.

« Cette arrestation historique constitue une première étape positive en vue de
traduire en justice un dirigeant dont les services de sécurité se sont livrés
à des violations généralisées et systématiques des droits
fondamentaux, notamment à des actes de torture, des détentions arbitraires et des
disparitions forcées
, a indiqué Javier Zuñiga, conseiller spécial
d’Amnesty International.

« Haïti doit ouvrir une enquête sur Jean-Claude Duvalier et sur toute personne qui se
serait rendue responsable de tels crimes, dont certains s’apparentent à des crimes contre
l’humanité, dans le cadre d’une procédure approfondie,
indépendante et équitable. »

Jean-Claude Duvalier est retourné en Haïti le 16 janvier après presque 25 ans
d’exil en France. Il avait fui en 1986 face à un soulèvement populaire, qui avait
été violemment réprimé par les forces armées haïtiennes
de l’époque et les membres d’une milice locale, baptisés les « tontons
macoutes ».

Tout au long des 15 années pendant lesquelles Jean-Claude Duvalier a occupé le pouvoir,
de 1971 à 1986, la torture systématique, les exécutions extrajudiciaires et les
disparitions forcées étaient monnaie courante en Haïti.

Des centaines de personnes ont « disparu » ou ont été victimes
d’exécutions extrajudiciaires. Les membres des forces armées haïtiennes
et les Volontaires de la sécurité nationale (VSN), surnommés les « 
tontons macoutes », ont joué un rôle prépondérant dans la
répression qui a pris pour cibles les militants en faveur de la démocratie et les
défenseurs des droits humains. Les « tontons macoutes » ont été
démantelés en 1986, après le départ en exil de Jean-Claude Duvalier.

« Les autorités haïtiennes doivent mettre fin au cycle de l’impunité
qui prévaut en Haïti depuis des décennies, les victimes d’atteintes aux
droits humains et leurs familles étant privées de justice depuis bien trop longtemps, a
déclaré Javier Zuñiga. Elles doivent saisir l’occasion qui se
présente de rendre justice, d’établir la vérité et
d’accorder des réparations aux victimes. »

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