HAÏTI : L’état de droit doit être protégé

Index AI : AMR 36/004/2004
ÉFAI

Lundi 9 février 2004

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Déjà précaire, l’état de droit en Haïti et au sein des institutions
haïtiennes chargées de protéger les droits humains a encore été affaibli par
les événements de ces derniers jours, a déclaré Amnesty International. En
effet, des bandes armées ont attaqué des postes de police, des prisons et
des palais de justice dans un certain nombre de villes, obligeant les
représentants de l’État à s’enfuir.

Selon certaines informations, plus de 15 personnes, dont des policiers et
des habitants du secteur, ont été tuées.

« Il est regrettable que des habitants et des personnes se trouvant sur les
lieux aient trouvé la mort au cours des affrontements armés qui ont opposé
les forces de police aux bandes armées dans les villes des Gonaïves et de
Saint-Marc, a déploré Amnesty International.

« Dans l’acquittement de ses fonctions en vue de protéger l’état de droit en
butte à ces menaces pesant sur la sécurité publique, nous demandons à la
police haïtienne de respecter les normes internationales relatives aux
droits humains concernant le recours à la force et l’utilisation des armes à
feu. D’autre part, ces attaques doivent faire l’objet d’enquêtes et les
responsables présumés doivent être déférés à la justice. »

Il s’est avéré impossible de confirmer l’identité précise des personnes
blessées ou tuées, les communications téléphoniques et routières avec la
région ayant été coupées au cours des émeutes.

« Tous les protagonistes, que ce soit au sein du gouvernement, des partis
d’opposition ou des groupes armés, doivent immédiatement prendre des mesures
en vertu de la Constitution haïtienne et du droit international afin de
mettre un terme à la grave détérioration du respect de la légalité. La crise
qui frappe actuellement le pays ne saurait trouver d’issue sans une stricte
application des normes internationales relatives aux droits humains », a
conclu Amnesty International.

Complément d’information

Le poste de police des Gonaïves, première ville du département d’Artibonite,
a été envahi par des assaillants le 5 février ; le 7, au terme d’échanges de
tirs nourris, les policiers ont dû renoncer à en reprendre possession. De
même, des assaillants armés se sont emparés du poste de police de la ville
toute proche de Saint-Marc le 7 février, et des bâtiments gouvernementaux,
ainsi que le port de la ville, ont été pillés un peu plus tard.

Les attaques qui se sont déroulées aux Gonaïves ont été attribuées à un
groupe armé anciennement connu sous le nom d’Armée cannibale, devenu le
Front de résistance révolutionnaire de l’Artibonite. Ses dirigeants ont
demandé que le président Jean-Bertrand Aristide démissionne et que les
partis politiques d’opposition désignent un successeur. À Saint-Marc, la
destruction du poste de police et du palais de justice serait le fait de
membres d’une autre organisation demandant elle aussi le remplacement
d’Aristide. Dans un certain nombre d’autres villes des départements
d’Artibonite, du Nord et de l’Ouest, des postes de police et des bâtiments
gouvernementaux ont été saccagés et les routes barricadées.

Ces attaques s’inscrivent dans un contexte de violence politique croissante,
au sein duquel la Police nationale d’Haïti (PNH) a été accusée de nombreuses
violations des droits humains et les groupes armés prennent pour cibles
responsables du gouvernement et militants. Le plus souvent, les partisans du
très critiqué président Jean-Bertrand Aristide se sont rendus responsables
de violences contre leurs opposants présumés.

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