HAÏTI : Les rebelles, tout comme les forces gouvernementales doivent respecter les droits humains

HAÏTI : Les rebelles, tout comme les forces gouvernementales doivent respecter les droits humains

Index AI : AMR 36/008/2004

Lundi 23 février 2004

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Il en va de la responsabilité des dirigeants rebelles de respecter les
droits humains et de veiller à ce qu’un accès soit ouvert à l’aide
humanitaire, a déclaré Amnesty International alors que les forces rebelles
ont pris le contrôle de Cap Haïtien, deuxième plus grande ville d’Haïti,
plaçant la moitié nord du pays en dehors de tout contrôle de l’État.

« Un certain nombre de dirigeants rebelles détiennent des records en matière
d’atteintes aux droits humains, ce qui provoque de sérieuses inquiétudes
concernant le degré des violences, ainsi que la situation humanitaire, dans
les zones sous leur contrôle, a déclaré Amnesty International ce lundi 23
février 2004. Il importe de toute urgence que les forces rebelles respectent
les droits de tous les Haïtiens au fur et à mesure que s’étend leur
influence. »

Le dirigeant rebelle Guy Philippe aurait déclaré que jusqu’à onze personnes
avaient été tuées lors de la prise de Cap Haïtien dimanche ; il n’a pas été
possible de confirmer ces chiffres.

Amnesty International a également renouvelé ses appels à la police et aux
partisans armés du gouvernement pour qu’ils respectent les droits humains.
Lors d’un épisode inquiétant survenu à Port-au-Prince vendredi 20 février,
un correspondant haïtien et un cameraman étranger auraient été blessés ainsi
qu’une douzaine d’autres personnes, au moment où des bandes
pro-gouvernementales attaquaient une manifestation de l’opposition.

Sur le front politique, les organismes internationaux ont joint leurs forces
pour proposer un règlement de la crise politique en Haïti.

Des représentants de la CARICOM (Communauté des Caraïbes), de l’Organisation
des États américains, de l’Union européenne, des États-Unis, du Canada et de
la France ont proposé un règlement, accepté par le président haïtien Jean
Bertrand Aristide, qui prévoit la nomination d’un nouveau Premier ministre
et d’un nouveau Cabinet par un « conseil de sages » représentant les
différents secteurs de la société, pour l’aider à gouverner.

L’opposition politique avait initialement rejeté le plan mais elle aurait
jusqu’à 22 heures TU lundi soir pour donner une réponse formelle.

Les forces rebelles ne sont pas prises en compte dans ce plan.

« Tout règlement politique doit se fonder sur la primauté du droit et, en
dernière analyse, sur la constitution haïtienne si toutes les parties
impliquées dans le conflit veulent réellement parvenir à une solution
pacifique et durable », a conclu Amnesty International.

Complément d’information

Parmi les rebelles figurent quelques personnages notoires comme Louis Jodel
Chamblain et Jean Tatoune, reconnus coupables d’atteintes flagrantes aux
droits humains perpétrées il y a dix ans de cela. Leurs forces
comprendraient un certain nombre d’anciens soldats impliqués dans des
atteintes aux droits humains dans la région du Plateau Central d’Haïti
l’année passée.

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