Honduras. Les autorités doivent révéler l’identité des personnes arrêtées dimanche 29 novembre

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

ÉFAI-
29 novembre 2009

Tegucigalpa - Amnesty International a exhorté dimanche 29 novembre les autorités honduriennes à indiquer l’identité et le lieu de détention des personnes arrêtées la veille et le jour de l’élection présidentielle, et à faire connaître les charges retenues contre ces personnes.

Un des cas les plus préoccupants est celui de Jensys Mario Umanzor Gutierrez dont on est sans nouvelle.

Il a été vu pour la dernière fois dans la nuit de samedi à dimanche à 2h30 aux mains d’une patrouille de police dont le numéro d’identification a été relevé par des témoins.

Ayant eu connaissance de ce cas, la délégation d’Amnesty International présente au Honduras a voulu contribuer au dépôt d’une requête en habeas corpus - procédure légale permettant de connaître le lieu de détention et l’état de santé d’une personne arrêtée par la police - auprès du juge Francisco Morazan.

La Cour suprême et d’autres instances de justice étaient fermées et personne n’était disponible pour recevoir la requête. La Cour devrait faire en sorte qu’un juge ou un autre tribunal soit toujours disponible pour ce genre de démarches urgentes.

« Déposer une requête pour savoir où a été emmenée une personne arrêtée est une tâche quasiment impossible au Honduras, a déclaré Javier Zuñiga, qui conduit la délégation d’Amnesty International au Honduras. Les délais et obstacles imposés par les autorités à ceux qui cherchent à obtenir des informations aussi simples témoignent de l’ampleur des violations qui ont lieu à l’heure actuelle au Honduras et montrent à quel point les citoyens honduriens sont à la merci de la police et des forces de sécurité ».

L’habeas corpus est une procédure légale qui permet à un juge de demander à la police d’indiquer où se trouve une personne arrêtée et d’autoriser le juge à voir cette personne. Il s’agit d’une garantie élémentaire pour protéger les personnes contre la torture, les mauvais traitements et les disparitions forcées.

«  Lorsqu’on ignore l’endroit où se trouve une personne arrêtée par la police cette personne est en danger et risque d’être victime d’une violation de ses droits, notamment en étant torturée, a déclaré Javier Zuñiga. L’habeas corpus est un mécanisme de protection essentiel qui ne peut être interrompu ou supprimé, y compris en cas de guerre ou d’état d’urgence. »

Les délégués d’Amnesty International ont également rencontré deux hommes arrêtés dimanche 29 novembre sous l’inculpation d’actes de terrorisme.

Les hommes ont affirmé avoir été frappés et forcés à signer des déclarations avec lesquelles ils n’étaient pas d’accord. On ignore ce qu’il va leur arriver.

« Nous sommes extrêmement préoccupés par la façon dont ces deux hommes ont été arrêtés et craignons pour leur sécurité, a déclaré Javier Zuñiga. Nous avons de sérieux doutes en ce qui concerne les allégations dont font l’objet ces personnes et leur chance de bénéficier d’un procès équitable. ».

Par ailleurs, dimanche 29 novembre à midi trente une organisation locale de défense des droits humains a découvert que 14 mineurs étaient détenus à la Jefatura Metropolitana No.3, un poste de police de Tegucigalpa. Ces jeunes gens avaient été arrêtés alors qu’ils discutaient en petits groupes dans la rue, près de certains bureaux de vote.

À deux reprises lors de ces arrestations, la police a demandé à ces jeunes gens « pourquoi [ils se réunissaient] en groupes de plus de quatre personnes alors que cela [était] interdit par décret ». Les policiers faisaient allusion à un décret pris en septembre et officiellement annulé le 19 octobre. Les 14 jeunes gens ont été libérés sans avoir été inculpés.

Amnesty International a également reçu des informations selon lesquelles plusieurs personnes auraient été arrêtées à différents endroits dans le pays.

A San Pedro Sula, des personnes participant à une manifestation auraient été frappées puis arrêtées. Dans un cas, les manifestants ont lancé des pierres en direction de la police, blessant un journaliste.

Ailleurs dans le pays, des organisations de défense des droits humains ont été attaquées et victimes d’actes d’intimidation. Le 28 novembre le collectif de producteurs agricoles de Siguatepeque, Red Comal, a vu ses locaux attaqués et ses ordinateurs et son argent, saisis.

« La justice semble avoir été absente le jour de l’élection au Honduras, a déclaré Javier Zuñiga. Il est donc essentiel que le lieu de détention de toutes les personnes arrêtées soit rendu public et que toutes les violences signalées fassent l’objet d’une enquête. La primauté du droit doit être pleinement rétablie. »

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