Hong Kong, les 47 défenseurs de la démocratie doivent être relaxés

Policiers à Honk Kong

Ce lundi 6 février 2023 s’ouvre à Hong Kong le plus grand procès pour des infractions liées à la sécurité nationale, dans lequel seront jugés 47 défenseur·e·s de la démocratie.

Hana Young, directrice régionale adjointe d’Amnesty International, a déclaré :

« Cette affaire, qui a commencé avec l’inculpation collective sans précédent des 47 accusé·e·s en mars 2021, est une scandaleuse injustice.

« Dans le cadre de ce procès, qui met en lumière le caractère intrinsèquement abusif de la Loi sur la sécurité nationale, certaines des personnes poursuivies risquent jusqu’à la réclusion à perpétuité pour avoir simplement participé aux “primaires” d’un parti politique.

« Ces personnes sont aujourd’hui confrontées à un choix cornélien : plaider coupable pour un crime qu’elles n’ont pas commis dans l’espoir d’une potentielle réduction de peine, ou mener une bataille perdue d’avance contre la loi inique sur la sécurité nationale.

« La plupart de ces 47 personnes sont détenues depuis deux ans sans procès, en raison des critères très stricts de libération sous caution qui, de fait, empêchent presque systématiquement ce type de libération dans les affaires liées à la sécurité nationale. Quelle que soit l’issue de ce procès, cette seule injustice ne pourra jamais être réparée.

« Avec ce procès collectif, le gouvernement de Hong Kong tente d’empêcher toute véritable participation politique sur ce territoire. Toutefois, le fait que des gens se soient déplacés au tribunal le jour de l’ouverture du procès pour manifester contre ces poursuites, malgré les risques, montre que les autorités hongkongaises ne pourront jamais étouffer entièrement la dissidence.

« La population de Hong Kong doit pouvoir exprimer librement ses opinions, sans avoir à craindre de se retrouver en prison. L’opposition politique pacifique n’est pas un crime.

« Les chefs d’inculpation retenus contre les 47 accusé·e·s reposent entièrement sur d’hypothétiques menaces à la sécurité nationale. Toutes les personnes détenues dans le cadre de cette affaire doivent être immédiatement libérées et les charges pesant sur l’ensemble des accusé·e·s abandonnées. »

La Loi sur la sécurité nationale utilisée pour faire taire l’opposition

Dans ce qui est la plus grande affaire judiciaire jamais engagée à Hong Kong au titre de la Loi sur la sécurité nationale, promulguée en juin 2020, les 47 accusé·e·s sont tous inculpés de « complot en vue de commettre un acte de subversion »

Ces accusations sont liées au fait qu’ils ont organisé et participé à des « primaires » internes pour les élections de 2020 au Conseil législatif, qui ont finalement été reportées par les autorités car le gouvernement central chinois a mis en place un nouveau système électoral imposant une sélection stricte des personnes autorisées à se présenter.

À l’époque, la cheffe de l’exécutif de Hong Kong, Carrie Lam, avait déclaré que ces « primaires » étaient illégales et avait émis une mise en garde, affirmant qu’elles pourraient constituer une infraction à la Loi sur la sécurité nationale, promulguée seulement quelques semaines auparavant.

Considérer que des « primaires » auto-organisées par des partis politiques pour sélectionner des candidat·e·s en vue d’une élection puissent constituer une véritable menace pour l’existence, l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de Hong Kong est contraire aux normes internationales relatives aux droits humains, qui fixent un seuil élevé pour l’application de la notion de « menace à la sécurité nationale ».

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