Hong Kong, il faut enquêter sur les tirs visant les manifestants

Des tirs de la police ont touché deux manifestants lors des rassemblements dans le quartier de Sai Wan Ho à Hong Kong, le 11 novembre au matin.

« La police de Hong Kong a durci de manière choquante sa réaction face aux manifestants : les balles réelles tirées par des policiers démontrent clairement l’usage excessif de la force. Un policier a également été vu en train de foncer à moto sur un groupe de manifestants. Ce ne sont pas des mesures de maintien de l’ordre, il s’agit de policiers hors de contrôle animés d’une soif de représailles, a déclaré Man-Kei Tam, directeur d’Amnesty International Hong Kong.

« Cette attitude autoritaire et généralisée montre que la police ne peut pas enquêter sur elle-même. Ces actions doivent sans délai faire l’objet d’investigations indépendantes. Les autorités doivent revoir leur approche afin de contribuer à apaiser la situation et d’empêcher que d’autres vies ne soient mises en danger.

« Les policiers comme celui qui a été vu en train de tirer à bout portant sur un manifestant visiblement non armé doivent être suspendus immédiatement. De même, le policier à moto s’est comporté de manière arbitraire et irresponsable. Ces comportements font s’interroger sur leur formation et sur les ordres qu’ils ont reçus ; les policiers sont censés intervenir pour désamorcer des situations délicates de contrôle des foules, et non pour aviver les tensions.  »

Complément d’information

À Sai Wan Ho, le 11 novembre au matin, on a recensé trois tirs à balles réelles par les policiers. Au moins deux manifestants ont été touchés et hospitalisés, dont un de 21 ans qui se trouve dans un état critique. Le même jour, un policier à moto a été filmé en train de foncer sur un groupe de manifestants.

Amnesty International a recueilli de nombreuses informations sur les défaillances des méthodes de maintien de l’ordre par la police de Hong Kong et demande qu’une enquête indépendante et efficace soit menée sur l’usage de la force depuis le début des protestations contre le projet de loi sur l’extradition au mois de juin, et notamment sur les allégations de torture et d’autres mauvais traitements en détention.

Le 8 novembre, un panel d’experts étrangers [1] nommé par le Conseil indépendant des plaintes contre la police a déclaré que le Conseil ne dispose pas des pouvoirs, des compétences et des capacités d’investigation indépendante nécessaires pour être à la hauteur des récentes manifestations et des normes internationalement requises pour un organisme de surveillance de la police travaillant dans une ville qui affectionne les libertés et les droits.

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