Communiqué de presse

Hong Kong. La manière brutale ne fera qu’enflammer les manifestants

Alors que des milliers de manifestants en faveur de la démocratie s’apprêtent à descendre de nouveau dans les rues de Hong Kong le weekend du 29 novembre, le responsable de la police de la ville doit empêcher tout recours arbitraire et excessif à la force de la part des policiers, a déclaré Amnesty International.

Les 26 et 27 novembre, des opérations policières de grande envergure ont été menées afin de disperser les manifestants dans le quartier de Mong Kok. Les forces de l’ordre ont eu recours à la force de façon injustifiée contre des manifestants, des passants et des journalistes.

«  L’approche brutale adoptée par la police bafoue les droits des manifestants aux libertés d’expression et de réunion pacifique, et risque d’exacerber des tensions déjà présentes, a déclaré Mabel Au, directrice d’Amnesty International-Hong Kong.

« Le commissaire de police Andy Tsang ne doit pas fermer les yeux lorsque ses agents ont recours à une force excessive. La hiérarchie doit envoyer un message clair indiquant que tout agent qui commettrait une violation des droits humains serait amené à rendre des comptes. »

Depuis le 25 novembre, la police a procédé à 159 arrestations au moins pour plusieurs infractions présumées (rassemblement illégal, obstruction face à un policier et outrage à magistrat, entre autres).

Les dirigeants étudiants Joshua Wong et Lester Shum ont déclaré avoir été frappés au moment de leur arrestation à Mong Kok mercredi 26 novembre, alors qu’ils n’avaient opposé aucune résistance. Ils ont été libérés sous caution jeudi 27 novembre.

Des observateurs d’Amnesty International ont été témoins de coups administrés à des passants par des policiers équipés de matraques le 26 novembre au soir et le 27 novembre au petit matin. Une séquence vidéo diffusée sur les sites Internet de Apple Daily et Mingpao montrait des incidents du même type. Un policier filmé en train de frapper un passant a été écarté des opérations depuis lors.

Sur des chaînes de télévision locales et les réseaux sociaux, des images montrent des manifestants sur le point d’être arrêtés. Ceux-ci sont traînés jusqu’aux positions de la police et encerclés par des agents, qui barrent ainsi la vue aux badauds. Dans certains cas, ils en ressortent avec des plaies visibles.

Sur une vidéo mise en ligne sur Facebook, on voit un policier enlever le numéro de matricule d’un collègue au cours de l’opération. Or aux termes des normes internationales, les agents de police doivent toujours porter un signe d’identification personnelle. Par ailleurs, la police a empêché des médias de signaler les arrestations de manifestants, selon l’Association des journalistes de Hong Kong. Une séquence vidéo filmée par les chaînes de télévision locales NOW TV et Apple Daily le confirme.

Le jeudi 27 novembre au soir, Wong Chun-lung, photographe à Apple Daily, a été arrêté. Soupçonné d’avoir agressé la police et opposé une résistance lors de son arrestation, il a été libéré sous caution le lendemain matin. Il a indiqué qu’il était en train de filmer les manifestations lorsqu’il a été interpellé.

« La police doit non seulement agir dans le cadre de la loi, mais aussi le montrer clairement. Le fait de retirer, semble-t-il, les numéros de matricule et d’empêcher les journalistes de faire leur travail laisse fortement penser que la police cherche à éviter les regards  », a déclaré Mabel Au.

Au début de la semaine du 24 novembre, la police a annoncé que sept de ses agents avaient été arrêtés. Ils étaient soupçonnés d’avoir agressé Ken Tsang, un militant en faveur de la démocratie, le 15 octobre. L’incident a été filmé par une chaîne de télévision locale spécialisée dans l’information.

« La police a enquêté et pris des mesures dans l’affaire Ken Tsang, ce qui est encourageant. Malheureusement, cela n’a pas abouti à une plus grande transparence. Au contraire, certains agents en ont déduit qu’il leur fallait désormais cacher leur matricule et empêcher les médias de faire leur travail  », a déclaré Mabel Au.

« Amnesty International exhorte la police à faire preuve de réserve dans toute opération visant des manifestants en faveur de la démocratie lors des prochains jours.  »

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