Communiqué de presse

Hong Kong. Le gouvernement doit faire cesser l’exploitation des travailleuses et travailleurs domestiques migrants

Une pétition internationale réunissant plus de 100 000 signatures et demandant qu’il soit mis un terme à l’exploitation des travailleuses et travailleurs domestiques migrants a été remise le 27 avril au gouvernement de Hong Kong. Cette pétition, qui intervient quelques jours avant le début du procès très attendu de l’employeur d’Erwiana Sulistyaningsih, a été signée par 103 307 personnes originaires de plus de 160 pays.

« Je ne veux plus que quelqu’un puisse subir ce que j’ai subi, a déclaré Erwiana Sulistyaningsih. C’est pourquoi je soutiens cet appel au gouvernement de Hong Kong à mettre fin à l’exploitation des travailleuses et travailleurs domestiques migrants. J’espère qu’il sera possible à l’avenir de venir travailler à Hong Kong sans avoir à craindre d’être victime d’abus, en touchant une rémunération équitable et en toute égalité. »

Lancée par Amnesty International, la Confédération des syndicats de Hong Kong, la Fédération internationale des travailleurs domestiques et Walk Free, cette pétition demande au secrétaire au Travail et aux Affaires sociales, Matthew Cheung Kin-chung, de prendre d’urgence des mesures pour renforcer la protection des travailleuses et travailleurs domestiques migrants sur le territoire.

Il est invité à :
 mettre en place un organisme solide et proactif chargé de surveiller les agences de recrutement, d’enquêter sur leurs activités et de sanctionner celles qui prennent des commissions excessives, confisquent les passeports et incitent les employeurs à sous-payer leurs employés ;
 instaurer un système public de gestion du règlement des commissions d’embauche et des salaires, permettant d’éviter que les agences et les employeurs n’exploitent les travailleurs domestiques ;
 mettre en place une instance au sein de laquelle le gouvernement, les travailleurs et les employeurs pourraient s’entendre sur le versement des commissions de recrutement et sur le respect à terme du principe international visant à garantir que l’employé(e) n’aura pas à payer de commission ;
 permettre à la personne qui emploie et à celle qui est employée de décider entre elles si la personne employée sera ou non logée sur place ;
 supprimer la « règle des deux semaines », pour que les travailleurs domestiques soient traités de la même façon que les autres travailleurs migrants au regard de la loi sur l’immigration.

Le rapport accablant publié en novembre 2013 par Amnesty International sous le titre Exploited for Profit et le scandale provoqué par les abus dont a été victime Erwiana Sulistyaningsih de la part de son employeur ont mobilisé la presse internationale et braqué les projecteurs sur un gouvernement de Hong Kong, incapable de protéger correctement les personnes immigrées travaillant comme employé(e)s de maison sur le territoire. Le soutien international sans précédent apporté à la pétition traduit le vif intérêt de l’opinion publique pour cette question. Cette action intervient après des années de dénonciation des conditions faites aux travailleurs domestiques migrants à Hong Kong, aussi bien par des associations locales que par certains organismes de l’ONU, sans que le gouvernement n’ait jamais apporté une réponse aux violations de ses propres lois et au non-respect de ses obligations aux termes des traités internationaux.

Les femmes qui viennent travailler à Hong Kong comme employées de maison sont systématiquement exploitées par des agences et des employeurs peu scrupuleux. Très souvent, on leur ment sur les emplois et les salaires qui les attendent, on leur demande de verser des commissions non seulement excessives, mais également illégales. Beaucoup sont rémunérées au-dessous du salaire minimum légal et voient leur passeport confisqué.

Toutes ces pratiques sont contraires à la légalité et peuvent constituer des faits de traite de personnes en vue d’un travail forcé, variante moderne de l’esclavage. La règle qui veut que les employées de maison soient logées sur place permet aux employeurs malhonnêtes de dissimuler la manière dont ils traitent leurs salariées, et celles-ci ont souvent le sentiment de n’avoir aucun moyen de s’échapper. Lourdement endettées, privées de passeport et craignant de perdre leur travail, nombreuses sont celles qui sont contraintes d’accepter de vivre dans des conditions tout à fait anormales.

Les personnes qui prennent la fuite et qui portent plainte ne peuvent plus trouver de travail et sont souvent obligées de rentrer dans leur pays, sans pouvoir aller réclamer devant les tribunaux les arriérés de salaire qui leur sont dus ni poursuivre leurs employeurs en justice. Ainsi, il est très rare qu’un employeur ou une agence de recrutement soit sanctionné pour atteinte à la législation.

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