Hong Kong : Libertés menacées par les offensives du président

Le président Xi Jinping doit se rendre à Hong Kong pour commémorer le 20e anniversaire de sa restitution à la Chine.
Des informations font état de restrictions à la liberté d’expression pour éviter toute critique « embarrassante » visant le gouvernement chinois durant la visite du président Xi Jinping.

Les dirigeants politiques de Hong Kong doivent montrer qu’ils sont prêts à résister à la pression exercée par le président Xi Jinping pour affaiblir les droits humains dans la ville, a déclaré Amnesty International à l’occasion de la visite du président chinois pour commémorer le 20e anniversaire de la rétrocession de Hong Kong à la Chine.

« Les dirigeants politiques de Hong Kong doivent monter au créneau et montrer qu’ils ne plieront pas devant la pression de Pékin. Ils doivent être prêts à défendre les libertés, les droits fondamentaux et l’état de droit à Hong Kong qui étaient garantis au titre de l’accord de rétrocession », a déclaré Mabel Au, directrice d’Amnesty International Hong Kong.

Carrie Lam, qui prêtera serment en tant que nouvelle chef de l’exécutif de Hong Kong ce week-end, n’a jusqu’à présent guère manifesté sa volonté de tenir tête à Pékin sur la question des droits humains.

Selon certaines informations, des banderoles critiquant le gouvernement chinois seront retirées par la police durant la visite du président Xi pour éviter tout « embarras ».

« Ce sont les dirigeants politiques de Hong Kong qui se couvriront de honte s’ils vont jusqu’à prendre des mesures extrêmes pour réduire la liberté d’expression et de manifestation pacifique dans le but d’apaiser Pékin, a déclaré Mabel Au.

« Il est vital que nos dirigeants puissent entendre des voix multiples. Si nous ne pouvons pas partager ouvertement des idées et des préoccupations, nous ne pourrons pas trouver de solutions aux problèmes que rencontre notre ville ni garantir les droits humains pour tous. »

Les droits fondamentaux devraient subir une pression accrue ces prochaines années, Pékin souhaitant que Hong Kong mette en application une loi draconienne relative à la sécurité nationale qui ferait écho à la législation en vigueur en Chine continentale. Au mois de juin, dans un discours sur la rétrocession de Hong Kong, Zhang Dejiang, au troisième rang du pouvoir en Chine, a exhorté les dirigeants hongkongais à avancer sur ce projet de loi.

L’article 23 de la Loi fondamentale, la mini Constitution de la ville, prévoit que Hong Kong promulgue des lois prohibant tout acte de « subversion contre le gouvernement populaire central » ou tout acte de vol de secrets d’État, et interdisant aux organisations politiques et organismes de Hong Kong d’établir des liens avec des organisations politiques ou organismes étrangers.

En 2003, un projet concernant l’application de l’article 23 et visant semble-t-il à servir l’agenda politique de la Chine continentale a fait descendre un-demi-million de citoyens dans la rue. L’initiative a alors été abandonnée.

Aujourd’hui, sous prétexte de protéger la sécurité nationale, le président Xi Jinping a introduit une série de lois sur le continent qui empiètent sur les droits fondamentaux. La « sécurité nationale » telle que définie aux termes de ces lois est pratiquement sans limite.

Les cibles du gouvernement – défenseurs des droits humains, militants, minorités ethniques et pétitionnaires faisant valoir des préoccupations d’ordre pratique relatives aux moyens de subsistance – sont fréquemment détenues et persécutées sur la base d’accusations liées à la « sécurité nationale » – « incitation à la subversion de l’État » et « divulgation de secrets d’État » notamment.

« Regardez ce qui se passe en Chine continentale et vous verrez que la sécurité nationale sert de prétexte pour s’en prendre aux militants des droits humains et aux détracteurs du gouvernement. Il faut résister avec fermeté à tout projet similaire de lois sécuritaires formulées en termes vagues à Hong Kong, qui ouvriraient la voie aux abus », a déclaré Mabel Au.

L’indépendance de la justice à Hong Kong est un filet de sécurité essentiel contre les abus de pouvoir. Cependant, la magistrature de Hong Kong subit des pressions croissantes pour renoncer à son impartialité et à son indépendance dans des affaires « sensibles » et se plier aux exigences politiques de Pékin.

En février, après la condamnation de sept policiers ayant agressé le militant pro-démocratie Ken Tsang durant le « mouvement des parapluies » de 2014, les médias pro-Pékin ont lancé une campagne bien orchestrée mettant en cause l’impartialité du système judiciaire de Hong Kong.

« Les juges indépendants sont une ligne de défense vitale pour les droits humains. Il semble que Pékin ait décidé de tirer à boulets rouges sur cette pierre angulaire de la société hongkongaise, a déclaré Mabel Au.

« En marge du faste et du cérémonial qui imprègnent la visite du président Xi Jinping, le message des citoyens de Hong Kong est clair : ils résisteront fermement à tout recul en matière de droits humains dans leur ville. »

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