Communiqué de presse

Il faut agir de toute urgence pour mettre fin à la crise humanitaire syrienne

La communauté internationale doit agir sans délai afin de mettre un terme à la souffrance de millions de civils syriens, dont beaucoup subissent la famine et la grave pénurie de soins médicaux et d’abris adéquats, a déclaré Amnesty International à la veille d’une conférence internationale des donateurs, prévue le 15 janvier au Koweït.

« La réponse du monde à la crise syrienne s’est avérée lamentablement inadéquate. Fin 2013, l’appel humanitaire lancé par l’ONU – le plus important de toute l’histoire de l’organisation – n’a été financé qu’à hauteur de 70 %. Cela signifie que des victimes parmi les plus vulnérables du conflit cruel qui ravage la Syrie ont été privées d’une aide vitale et laissées seules face aux rudes mois d’hiver, avec des ressources plus qu’insuffisantes », a indiqué Philip Luther, directeur du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d’Amnesty International.

Bien que certains pays aient fait des contributions financières généreuses, d’autres, dont les Émirats arabes unis, l’un des pays les plus riches du Conseil de coopération du Golfe, ont fait des promesses qui ne se sont pas pleinement matérialisées. La Russie, qui ne cache pas son vif intérêt politique dans la crise syrienne, n’a fait que des contributions minimes en termes d’aide humanitaire.

« Le monde ne doit pas répéter les erreurs de l’an dernier. Les promesses de dons ne feront aucune différence si elles ne se concrétisent pas. Cette année, les puissances mondiales, et tout particulièrement celles qui ont les moyens financiers de le faire, doivent veiller à tenir leurs promesses. La conférence des donateurs offre aux dirigeants du monde l’occasion de prouver qu’ils sont aux côtés du peuple syrien », a poursuivi Philip Luther.

L’organisation demande aux dirigeants du monde d’intensifier fortement leurs efforts mercredi 15 janvier lors de la conférence, qui vise à lever des fonds pour l’appel humanitaire fixé à 4,74 milliards d’euros, destiné à apporter une aide vitale aux personnes les plus touchées par le conflit.

La violence qui ravage la Syrie est à l’origine de l’une des plus graves crises humanitaires de l’histoire récente.

Parmi les plus touchés figurent ceux qui vivent en Syrie, notamment les 6,5 millions de personnes déplacées. Beaucoup sont prises au piège dans des zones sous blocus des forces gouvernementales. Elles subissent de graves pénuries alimentaires et meurent de faim. Hors des frontières syriennes, ceux qui ont fui vers les pays voisins sont en butte à de rudes conditions de vie, dans les camps de réfugiés disposant de maigres ressources.

Amnesty International exhorte les États à financer l’appel humanitaire pour la Syrie et demande au gouvernement syrien de lever les blocus visant la population civile dans les villes et les secteurs tenus par l’opposition. Le gouvernement syrien comme les groupes armés d’opposition doivent permettre aux organisations et agences humanitaires de circuler librement pour venir en aide à la population civile.

Amnesty International invite les États à mener une action concertée afin de réinstaller les réfugiés les plus vulnérables.

Jusqu’à présent, les initiatives prises par la communauté internationale dans ce domaine sont pitoyables. Les États membres de l’Union européenne se sont engagés à réinstaller 0,5 % des 2,3 millions de personnes qui ont fui le pays.

Le bilan des États du Conseil de coopération du Golfe sur cette question est tout aussi navrant : aucun d’entre eux n’a proposé une seule place de réinstallation pour les réfugiés syriens. Les pays plus éloignés, notamment la Russie, ont refusé d’accepter des réfugiés via des programmes de réinstallation ou d’admission humanitaire.

« Une grande partie des personnes déplacées par le conflit à l’intérieur ou à l’extérieur du pays, sans aucune faute de leur part, ne reçoivent tout simplement pas l’aide dont elles ont besoin. La communauté internationale doit intensifier ses efforts sur tous les fronts afin de prouver qu’elle ne les a pas oubliées », a conclu Philip Luther.

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