INDE. L’Inde doit enquêter sur l’enlèvement de militants opposés à Vedanta

Index AI : PRE 01/276/2010

ÉFAI - 11 août 2010

Amnesty International demande aux autorités indiennes d’enquêter de toute urgence sur l’enlèvement, par des hommes armés, de deux dirigeants indigènes alors qu’ils étaient en route pour mener campagne contre le projet de mine d’extraction de bauxite proposé par une filiale de l’entreprise Vedanta Resources, une entreprise ayant son siège au Royaume-Uni, et par l’entreprise publique d’exploitation minière Orissa Mining Corporation.

Les deux hommes ont été enlevés le 9 août dans la province d’Orissa (est de l’Inde). L’un d’eux, Sana Sikaka, a été « relâché » tard dans la nuit du 10 au 11 août. Il a été poussé hors d’une camionnette et a affirmé que les hommes armés étaient des policiers. Lado Sikaka, le plus haut dirigeant de la minorité indigène des Dongrias Kondhs, se trouve toujours aux mains de ces hommes.

La police de la province d’Orissa n’a fait aucune déclaration sur l’identité des ravisseurs, et n’a pas ouvert d’enquête malgré les demandes des militants.

«  Ces allégations de détention arbitraire et d’enlèvement de militants doivent immédiatement donner lieu à une enquête effectuée dans la transparence, a déclaré Madhu Malhotra, directrice adjointe du programme Asie-Pacifique d’Amnesty International. La police de la province d’Orissa doit faire la preuve de sa bonne foi en obtenant la libération de Lado Sikaka, en retrouvant immédiatement la trace de ces hommes armés et en les arrêtant. »

Sana Sikaka a déclaré aux médias de la région que lui-même et un groupe de militants avaient été stoppés en route par 15 officiers armés en civil au pied de la montagne Niyamgiri, alors que leur camionnette venait de prendre le chemin de Delhi, où ils prévoyaient de mener une action de protestation contre le projet de mine d’extraction de bauxite. Les hommes armés ont confisqué les téléphones portables des militants, ainsi que leur véhicule. Puis ils ont appréhendé Lado et Sana Sikaka, et les ont conduits vers le district voisin de Rayagada, où Sana pense que Lado est retenu.

La communauté indigène dongria kondh s’est illustrée par son action militante en faveur de la protection de sa montagne sacrée de Niyamgiri contre ce projet de mine de bauxite.

Amnesty International exhorte les autorités indiennes à mettre en place une procédure pour obtenir le consentement préalable, libre et éclairé des Dongrias Kondhs avant de poursuivre ce projet minier à Niyamgiri. Il faut notamment :

 que des informations accessibles et correctes relatives au projet soient fournies aux Dongrias Kondhs ;
 qu’une évaluation exhaustive des répercussions de ce projet sur les droits humains et des conséquences environnementales liées soit menée en consultation réelle et ouverte avec les Dongrias Kondhs, et que des garanties suffisantes en la matière soient fournies afin qu’ils puissent participer à la procédure d’évaluation et que leur connaissance et leur conception des collines concernées soient prises en considération et respectées ;
 que la décision des Dongrias Kondhs soit respectée s’ils ne donnent pas leur consentement à la poursuite du projet.

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