Communiqué de presse

Inde. Le gouvernement doit fournir plus d’informations sur les ressortissants indiens morts dans des pays du Golfe

Le gouvernement indien doit donner plus de détails sur les circonstances de décès survenus au Qatar et dans d’autres pays du Golfe, a déclaré la section indienne d’Amnesty International.

Des chiffres obtenus par l’Agence France-Presse et le journal The Guardian, en application de la loi indienne sur le droit à l’information, montrent qu’au moins 450 Indiens sont morts au Qatar en 2012 et 2013. L’ambassade indienne au Qatar a affirmé que le nombre de morts déclaré était « tout à fait normal » compte tenu de la taille de la communauté indienne dans ce pays, et a précisé que la plupart des morts étaient dues à des causes naturelles.

En réaction, Nikhil Eapen, porte-parole d’Amnesty International Inde, a déclaré : « Plutôt que de se contenter de dire que ces décès sont normaux, le gouvernement indien devrait fournir des informations plus claires et transparentes. À l’heure actuelle, nous ne savons pas dans quelles circonstances ces morts se sont produites, si elles ont eu lieu sur des sites de construction, dans des camps de travail, lors d’accidents de la route ou à la suite de causes naturelles. »

« Ce que nous avons besoin de savoir, c’est qui étaient ces personnes, quels étaient leur âge et leur profession, et comment elles sont morts. »

« Le gouvernement devrait en outre s’attaquer sans tarder, avec le gouvernement du Qatar et d’autres pays du Golfe, au problème des graves atteintes au droit du travail dont sont victimes les ouvriers migrants indiens. Il faudra combattre ces atteintes aussi bien pendant la période de recrutement en Inde que dans les pays où se rendent les migrants. »

Amnesty International Inde engage le gouvernement indien à coopérer étroitement avec le gouvernement du Qatar et des autres États du Golfe pour renforcer et respecter les accords bilatéraux et les procédures administratives et légales, pour mieux protéger les droits humains des ouvriers migrants indiens.

Complément d’information

En novembre 2013, Amnesty International a publié un rapport détaillé sur les atteintes aux droits humains dans le secteur du bâtiment au Qatar, en prévision de la Coupe du monde de football qui se déroulera en 2022 dans le pays. Le rapport a révélé que les ouvriers migrants faisaient l’objet de violations systématiques, s’apparentant parfois à du travail forcé.

Parmi ces violations figurent le non-paiement des salaires, des conditions de travail très difficiles et dangereuses, et des conditions de logement choquantes. Les chercheurs ont également rencontré des dizaines d’ouvriers du bâtiment que leurs employeurs avaient piégés dans le pays, sans possibilité d’en sortir pendant de nombreux mois.

Amnesty International a demandé au gouvernement du Qatar de procéder sans délai à un examen intergouvernemental des conditions de santé des ouvriers migrants, et à enquêter en particulier sur les causes sous-jacentes des décès des travailleurs migrants. Il est urgent que le gouvernement élabore en toute transparence un plan pour remédier à ces causes, en particulier lorsqu’elles sont liées à des accidents du travail, aux conditions de travail et à l’accès aux soins.

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