Communiqué de presse

Inde. Les autorités doivent ouvrir une enquête sur la mort en détention d’un jeune adivasi au Chhattisgarh

Les autorités indiennes doivent diligenter dans les meilleurs délais une enquête impartiale et indépendante sur les tortures et la mort en détention dont a été victime, dans le district Dantewada au Chhattisgarh, Podiam Mara, jeune adivasi (aborigène) soupçonné d’appartenir au mouvement maoïste, a déclaré Amnesty International mercredi 18 janvier 2012.

Amnesty International a souligné que les autorités n’avaient pas diligenté d’enquête indépendante sur la mort d’un autre adivasi, Madkam Jogarao, décédé en septembre 2011 après avoir été arrêté dans le même district par la police et les Forces centrales de réserve de la police (CRPF).

Ces deux décès montrent que l’impunité continue de prévaloir pour les forces de sécurité dans le district de Dantewada, alors que le démantèlement de Salwa Judum et d’autres milices civiles impliquées dans des opérations contre les maoïstes a été ordonné par la Cour suprême en juillet 2011.

Les habitants de Kondre, le village natal de Podiam Mara, ont indiqué à l’organisation que le jeune homme avait été arrêté par les CRPF au cours d’une opération contre les maoïstes le 9 janvier dernier, près de la ville de Sukma, où le jeune homme se rendait pour encaisser de l’argent gagné en vendant des produits forestiers.

Selon des sources locales, Podiam Mara a été détenu par les CRPF pendant quatre jours au cours desquels on lui aurait électrocuté et incendié au pétrole les parties génitales. Le 13 janvier, il a été remis à la police de Sukma qui l’a envoyé passer un examen médical, avant de le faire comparaître devant un tribunal local. Les mêmes sources ont indiqué à Amnesty International qu’alors que le rapport médical faisait état d’enflures aux organes génitaux, Podiam Mara avait été renvoyé en détention provisoire pour 14 jours sans qu’on ne lui ai demandé la date exacte de son arrestation ni qu’on lui ai posé de questions sur les blessures qu’il avait subies.

Contrairement à ce qu’avait demandé le tribunal, la police de Sukma n’a pas transféré Podiam Mara à la prison de Dantewada mais l’a gardé au poste de police où il est mort dans la nuit, toujours d’après les sources locales.

En droit indien, toute personne arrêtée doit être présentée à un magistrat dans les 24 heures suivant son arrestation. Dans le but manifeste de dissimuler le fait qu’elles n’ont pas respecté cette obligation, les CRPF affirment désormais que Podiam Mara n’a été appréhendé que le 12 janvier, et qu’il se trouvait en possession d’une arme à feu. La police a affirmé que Podiam Mara s’était pendu au commissariat, mais quatre policiers ont néanmoins été démis de leurs fonctions depuis lors.

Amnesty International demande aux autorités indiennes de veiller à ce qu’une enquête impartiale et indépendante soit ouverte dans les plus bref délais sur les informations faisant état de la détention illégale de Podiam Mara et des actes de torture ayant entraîné sa mort.

Ces deux morts en détention se sont produites alors que le Parlement indien est en train d’adopter une nouvelle loi contre la torture, conformément aux obligations incombant à l’Inde au titre de la Convention des Nations unies contre la torture, que le pays souhaite ratifier.

Avant d’être déférées à la justice, les personnes soupçonnées d’avoir joué un rôle dans ces violations, notamment les personnes occupant un poste de responsabilité, doivent être immédiatement relevées des fonctions dans lesquelles elles pourraient à nouveau commettre de tels actes. Il faut aussi que les autorités accordent des réparations complètes à la famille de Podiam Mara.

Complément d’information
Au cours des cinq dernières années, le Chhattisgarh a connu une escalade de la violence entre les forces paramilitaires indiennes et les groupes maoïstes interdits, qui affirment défendre la cause des adivasis. Au moins 600 personnes ont été tuées et il y a dans cet État environ 30 000 adivasis déplacés.

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