INDE / PAKISTAN : Les civils demeurent les principales victimes du conflit dans l’État de Jammu-et-Cachemire

Index AI : ASA 04/003/02

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Amnesty International a appelé ce jour (jeudi 30 mai 2002) toutes les parties au conflit qui se déroule dans l’État de Jammu-et-Cachemire à accorder une importance prioritaire aux droits humains, et à prendre des mesures décisives pour garantir la protection des civils.

« Depuis trop longtemps, les considérations politiques l’emportent sur les droits de l’être humain au Cachemire. La population est la principale victime de stratégies adoptées dans le seul but de marquer des points sur le terrain politique. Nous demandons instamment à toutes les parties de faire en sorte que cette fois-ci, la nécessité de protéger les droits humains passe avant ces préoccupations, et joue un rôle clé dans les efforts déployés en vue de trouver une solution politique aux affrontements qui ravagent la région depuis des décennies, a indiqué Amnesty International.

« Alors que la menace d’une guerre nucléaire a attiré l’attention de la communauté internationale sur le conflit, les droits fondamentaux des habitants du Cachemire sont toujours ignorés. »

Depuis 1989, les violences aveugles sont généralisées dans l’État de Jammu-et-Cachemire, où des civils sont tués quotidiennement. Au cours de l’année 2001, le conflit a eu pour conséquence directe la mort de quelque 1 200 civils, parmi lesquels de nombreux enfants. L’escalade actuelle de la violence a également de graves répercussions sur la population civile.

Des centaines de cas de torture, de morts en détention, d’exécutions extrajudiciaires et de « disparitions » sont signalés chaque année. La plupart du temps, nul n’est contraint à répondre de ces violations des droits humains, car des responsables de l’application des lois intimident ceux qui osent se plaindre, des représentants de l’appareil judiciaire n’accordent pas réparation aux victimes, et des organismes étatiques ignorent des décisions de justice.

Des civils ont également été victimes d’atteintes aux droits humains – notamment d’actes de torture et d’homicides – commises par des groupes armés ne faisant aucune distinction entre population civile et objectifs militaires.

Tant le gouvernement de l’Inde que celui du Pakistan exploitent fréquemment les tensions dans l’État de Jammu-et-Cachemire pour servir leurs propres intérêts politiques, et détourner l’attention des graves violations des droits humains perpétrées dans ces deux pays.

Amnesty International a exhorté à maintes reprises l’Inde, le Pakistan et les groupes armés parties au conflit à respecter le droit international humanitaire, qui interdit les attaques délibérées ou menées sans discrimination contre les civils et autres personnes qui ne participent pas directement aux hostilités.

« La sécurité régionale ne pourra être rétablie tant que les droits fondamentaux des civils ne seront pas respectés », a conclu Amnesty International.

Complément d’information
L’État de Jammu-et-Cachemire est une des régions les plus militarisées du monde, et environ 700 000 membres des forces de sécurité y sont stationnés d’ordinaire (leurs effectifs ont nettement augmenté dernièrement). En douze années de conflit, 34 000 personnes ont été tuées, dont des milliers de civils. La fréquence des atteintes aux droits humains commises tant par les forces de sécurité de l’Inde et du Pakistan
– notamment les bombardements trans-frontaliers auxquels ont procédé les armées des deux pays – que par les groupes armés d’opposition est demeurée élevée tout au long de la dernière décennie.

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