INDE - Recours excessif à la force contre des manifestants pacifiques de la Narmada

Index AI : ASA 20/011/2006

DÉCLARATION PUBLIQUE

Amnesty International a reçu avec inquiétude des informations faisant état d’un recours excessif à la force par la police ce mercredi 5 avril, lors d’une manifestation pacifique à Delhi. Les manifestants protestaient contre leur déplacement dû au projet de la vallée du fleuve Narmada. Amnesty International demande au gouvernement indien de mener une enquête immédiate et de traduire en justice les responsables de recours excessif à la force, et de faire en sorte que les responsables du maintien de l’ordre n’utilisent la force qu’en cas de stricte nécessité et dans la moindre mesure nécessaire.

Selon certaines informations, la police, vers minuit, a dispersé à coups de matraque des manifestant et a emmené Medha Patkar et Jamsingh Nargave, respectivement dirigeante et militant de Narmada Bachao Andolan (NBA) dans un hôpital gouvernemental, où ils sont détenus par la police sans accès à leur famille ni à un avocat. Ces deux personnes sont en jeûne de protestation depuis plus d’une semaine. Selon certaines informations, une cinquantaine de militants de NBA, qui participaient pacifiquement à la même manifestation, ont été détenus pendant une nuit dans un poste de police.

Depuis ces deux dernières semaines, des centaines de personnes issues des régions concernées protestent à Delhi contre l’actuel projet de barrage de Sardar Sarovar, sur le fleuve Narmada. Ces manifestants craignent que la décision récente de l’autorité de la vallée du fleuve Narmada de relever la hauteur du barrage de neuf mètres ne déplace 35 000 personnes de plus. Les manifestants soulignent aussi que cette décision, provoquant de nouveaux déplacements de population, a été prise alors même que les compensations, décidées par la Cour suprême pour indemniser les personnes déjà déplacées, n’étaient pas octroyées. Selon des décrets de la Cour suprême datant d’octobre 2000 et mars 2005, les paysans déplacés devaient recevoir des terres cultivables en compensation de la perte de leurs anciennes terres. Cependant, au lieu de cela, il semblerait que les personnes déjà déplacées - ou devant l’être - recevraient des compensations financières.

Amnesty International exige la libération immédiate de Medha Patkar et Jamsingh Nargave.

Amnesty International demande au gouvernement indien de respecter le droit d’assemblée pacifique, et de faire en sorte que la police, dans le cadre de son devoir d’ordre public, respecte les droits humains et n’utilise la force qu’en cas de stricte nécessité et de manière proportionnée. Amnesty International demande au gouvernement de faire respecter les décrets de la Cour suprême relatifs aux déplacements, et d’appliquer pleinement les droits des personnes déplacées.

Contexte

Les manifestants faisaient partie de Narmada Bachao Andolan, un mouvement social environnemental qui fait campagne depuis au moins deux décennies contre les conséquences sociales et environnementales des importants barrages conçus dans le cadre du plan de développement de la vallée du fleuve Narmada.

Cinquième plus grand fleuve de l’Inde, la Narmada coule vers l’ouest sur 1 312 kilomètres avant de se jeter dans le golfe de Cambay, au Gujarat. Le plan de développement de la vallée du fleuve Narmada, un projet complexe d’irrigation et d’énergie qui s’étend sur vingt ans, prévoit de construire 30 barrages dont deux de grande taille ; ce projet est réalisé par les États du Madhya Pradesh, Gujarat, Maharashtra et Rajasthan.

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