Inde, le refus à la demande de libération sous caution d’Umar Khalid est une atteinte au droit de manifester

umar khalid

Amnesty réagit à la décision de rejeter une nouvelle fois la demande de libération sous caution d’Umar Khalid, ancien militant étudiant à l’université Jawaharlal Nehru, accusé d’infractions en relation avec la draconienne Loi relative à la prévention des activités illégales (UAPA) pour avoir simplement exprimé son opposition à la Loi portant modification de la loi sur la citoyenneté (CAA), un texte discriminatoire.

« Les refus répétés de libérer Umar Khalid sous caution sont un coup porté à la capacité de toute personne d’exercer ses droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique dans le pays. Le maintien en détention d’Umar Khalid depuis plus de 18 mois a pour toile de fond la réduction rapide de l’espace où peuvent s’exprimer des voix critiques, et il établit un précédent dissuasif pour toute personne dont les opinions sont mal vues par les autorités. »

« Le maintien en détention d’Umar Khalid en vertu de l’UAPA est absolument contraire au droit international relatif aux droits humains et aux normes associées. Amnesty International Inde demande aux autorités indiennes de libérer immédiatement et sans condition Umar Khalid et tous les autres défenseur·e·s des droits humains arbitrairement détenus pour avoir uniquement exprimé leur opposition et protesté de manière pacifique contre la CAA », a déclaré Aakar Patel, président du conseil d’Amnesty International Inde.

Complément d’information

Jeudi 24 mars, un tribunal de Delhi a rejeté la demande de libération sous caution déposée par Umar Khalid, ancien militant étudiant [1], en relation avec des accusations selon lesquelles les émeutes de février 2020 à Delhi ont découlé d’un complot plus large.

Umar Khalid a été arrêté le 13 septembre 2020. Il a été accusé d’avoir endommagé des biens publics, commis des activités illégales, levé des fonds pour des actes de terrorisme, et conspiré dans le but de diffamer le gouvernement indien.

En 2021, une libération sous caution lui a été accordée dans le cadre d’autres affaires, mais il a été maintenu en détention en raison des charges retenues contre lui en vertu de la Loi relative à la prévention des activités illégales (UAPA), qui est caractérisée par un processus d’enquête lent et des dispositions très strictes en matière de libération sous caution.

Le gouvernement indien recourt régulièrement à l’UAPA afin de menacer et harceler les personnes qui émettent des critiques à l’égard des autorités.Il s’agit d’un outil qui érige en infraction l’opposition pacifique en garantissant que les défenseur·e·s des droits humains et autres opposant·e·s passent de nombreuses années derrière les barreaux.

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