Inde, La répression de l’opposition atteint un niveau critique à l’approche des élections nationales

Manifestation en Inde

En réaction à l’arrestation d’, Premier ministre du territoire de Delhi et chef de file de l’Aam Aadmi Party (AAP, Parti de l’homme ordinaire), Arvind Kejriwal, a été arrêté et les comptes bancaires d’un autre grand parti d’opposition, le Parti du Congrè, ont été gelés.

« La répression de l’opposition et de la dissidence pacifique, menée par le Parti du peuple indien (BJP) à la tête du gouvernement, a atteint un niveau critique. Les autorités ont à plusieurs reprises exploité et instrumentalisé différentes lois financières et antiterroristes pour réprimer systématiquement les défenseur·e·s des droits humains, les militant·e·s, les personnes émettant des critiques, les organisations à but non lucratif, les journalistes, les étudiant·e·s, les universitaires et les membres de l’opposition politique. L’arrestation d’Arvind Kejriwal et le gel des comptes bancaires du Parti du Congrès quelques semaines avant les élections générales montrent l’incapacité des autorités à respecter les obligations internationales de l’Inde en matière de droits humains, a déclaré Aakar Patel, président du conseil exécutif d’Amnesty International Inde.

« Nous sommes témoins d’une brutale répression des droits humains, notamment sous la forme d’une utilisation abusive des agences centrales d’enquête et des services des finances, d’attaques visant des manifestations pacifiques, d’arrestations arbitraires, de l’utilisation et de l’exportation de logiciels espions intrusifs pour la surveillance illégale, de la discrimination systématique des minorités religieuses alimentant les politiques Hindutva qui s’appuient sur la majorité hindoue, et de suspensions du Parlement qui visent des dirigeant·e·s de l’opposition ayant osé réclamer des comptes aux autorités.

« La répression qui se durcit met en lumière le flagrant mépris que les autorités ont à l’égard des droits humains et de l’état de droit. Elles doivent respecter, protéger, promouvoir et réaliser les droits fondamentaux de toutes et tous dans le pays, y compris les défenseur·e·s des droits humains, les militant·e·s et les candidat·e·s de l’opposition, avant, pendant et après les élections générales prévues pour avril 2024. De plus, les victimes d’atteintes aux droits humains doivent avoir accès à la justice et disposer de recours utiles.

« Les institutions étatiques doivent pouvoir exercer leurs activités de manière efficace et indépendante. Les autorités doivent cesser de détourner le système pénal pour intimider et harceler des défenseur·e·s des droits humains, des militant·e·s et des candidat·e·s de l’opposition. »

Complément d’information

Quelques semaines avant les élections nationales en Inde, le Premier ministre du territoire de Delhi et coordinateur national de l’Aam Aadmi Party (AAP), Arvind Kejriwal, a été arrêté le 21 mars au soir, et d’autres membres du parti ont été placés en détention [1] pour avoir manifesté contre son arrestation dans la capitale indienne. Les principaux responsables du parti sont également maintenus en détention provisoire, dans le cadre d’une affaire de corruption liée à l’attribution de licences privées de vente d’alcool.

Par ailleurs, le Parti du Congrès (INC) a accusé le gouvernement de pénaliser sa campagne pour les élections en gelant ses comptes bancaires [2], en raison d’un litige fiscal datant de 2018-2019.

L’APP et l’INC font partie du groupe I.N.D.I.A, qui constitue la principale opposition politique du pays.

Le 31 janvier, Hemant Soren, ancien Premier ministre de l’État de Jharkhand et membre du parti d’opposition Jharkhand Mukti Morcha, a également été arrêté par la Direction de l’application de la loi, pour infraction à la Loi relative à la prévention du blanchiment d’argent. Il est encore en prison.

La détérioration de la situation des droits humains en Inde, et en particulier la répression des personnes qui critiquent le gouvernement à l’approche des élections générales, a été dénoncée par les Nations unies [3] et ses rapporteurs et rapporteuses spéciaux [4], et plus récemment par la Commission des droits humains Tom Lantos, lors d’une audience [5] tenue le 21 mars.

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