Communiqué de presse

Indonésie. Amnesty International salue la libération d’étudiants papous à Manokwari

Amnesty International salue la décision prise par le tribunal du district de Manokwari le 27 septembre 2011 d’acquitter quatre des cinq étudiants arrêtés à Manokwari, dans la province de Papouasie occidentale, pour avoir participé à une manifestation pacifique. L’organisation espère que cette décision témoigne d’une volonté de mieux respecter les droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique dans cette province, et appelle les autorités indonésiennes à libérer immédiatement et sans condition tous les autres prisonniers d’opinion détenus dans le pays.

Le groupe d’étudiants et deux autres militants avaient été arrêtés le 14 décembre 2010 alors qu’ils participaient à une marche et une cérémonie pacifiques à Manokwari, dans la province de Papouasie occidentale, pour protester contre les injustices et les violations des droits humains commises par les forces de sécurité indonésiennes à l’égard des Papous. Au cours de la cérémonie, le « drapeau aux 14 étoiles », symbole de l’indépendance de la Mélanésie occidentale, avait été brandi.

Sept personnes avaient alors été arrêtées par la police : Melkianus Bleskadit, le prêtre Daniel Yenu et cinq étudiants (Jhon Wilson Wader, Penehas Serongon, Yance Sekenyap, Alex Duwiri et Jhon Raweyai). Ils avaient tous les sept été inculpés de « rébellion » au titre de l’article 106 du Code pénal indonésien, infraction passible de la réclusion à perpétuité, et d’« incitation » en vertu de l’article 160.

Le 18 août 2011, le tribunal du district de Manokwari avait condamné Melkianus Bleskadit à une peine de deux ans d’emprisonnement. Daniel Yenu, qui avait été condamné à une peine de sept mois et 16 jours d’emprisonnement le 23 août, a été remis en liberté depuis lors. Quatre des cinq étudiants ont été acquittés et libérés le 27 septembre 2011. Cependant, le cinquième étudiant, Jhon Rawayei, a été reconnu coupable de « rébellion » et condamné à neuf mois et 17 jours d’emprisonnement. Il devrait bientôt retrouver la liberté, étant donné qu’il est incarcéré depuis plus de neuf mois.
À la connaissance d’Amnesty International, au moins 90 militants politiques sont maintenus en détention dans les provinces de Papouasie et des Moluques, uniquement en raison de leurs activités politiques pacifiques. Amnesty International les considère comme des prisonniers d’opinion et demande leur libération immédiate et inconditionnelle.

Les droits à la liberté d’expression, d’opinion et de réunion pacifique sont protégés par la Constitution indonésienne et par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), auquel l’Indonésie est un État partie. Si le gouvernement indonésien a le droit et le devoir de maintenir l’ordre, il doit veiller à ce que toute restriction pesant sur les droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique n’aille pas au-delà de ce qui est autorisé par le droit international en matière de droits humains.

Amnesty International ne prend aucunement position quant au statut politique des provinces d’Indonésie et n’appelle pas à leur indépendance. Cependant, l’organisation estime que le droit à la liberté d’expression comprend le droit de prôner pacifiquement le recours aux référendums, à l’indépendance ou à toute autre solution politique n’impliquant pas d’incitation à la discrimination, à l’hostilité ou à la violence.

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