Communiqué de presse

Indonésie. Il faut annuler l’exécution imminente de cinq personnes

Le gouvernement indonésien doit annuler sans délai les cinq exécutions prévues d’ici à la fin de l’année, a déclaré Amnesty International vendredi 5 décembre 2014, tout en l’exhortant à instaurer un moratoire sur l’application de la peine de mort, en vue de son abolition.

Selon les médias locaux, les cinq condamnés à mort ont été transférés en détention à l’isolement, tandis que les préparatifs pour leur exécution ont été lancés.

Le procureur général adjoint pour les crimes généraux en Indonésie, Basyuni Masyarif, a confirmé la semaine dernière que le gouvernement prévoyait d’exécuter cinq personnes avant la fin de l’année.

« Le gouvernement doit mettre fin aux préparatifs lancés en vue de ces exécutions. Au regard des engagements de campagne qu’a pris le président Joko Widodo en vue d’améliorer le respect des droits humains, recourir à la peine de mort serait un mauvais départ pour le bilan du nouveau gouvernement, a déclaré Rupert Abbott, directeur des recherches pour l’Asie du Sud-Est et le Pacifique à Amnesty International.

« Que le nouveau gouvernement désire s’attaquer aux crimes graves est un objectif légitime, mais il doit s’y prendre autrement : la peine de mort n’a pas d’effet dissuasif sur la criminalité.

« En outre, ces exécutions risquent fort de compromettre les efforts déployés par le gouvernement pour protéger les citoyens indonésiens condamnés à mort à l’étranger. »

Selon certaines informations, sur les cinq prisonniers qui risquent d’être exécutés de manière imminente, un est incarcéré à Tangerang, dans la province de Banten, deux autres à Batam, dans la province de Riau, et deux autres à Nusakambangan, dans la province de Java central. Les deux prisonniers incarcérés à Nusakambangan auraient été condamnés pour meurtre et les trois autres pour des infractions à la législation sur les stupéfiants.

Le 3 décembre, le vice-président Jusuf Kalla a ajouté que le président n’accorderait pas la grâce aux personnes condamnées à mort pour des crimes liés au trafic de stupéfiants.

Or, un refus général de tout recours en grâce pour ces condamnés à mort est clairement contraire au droit internationalement reconnu de tous les condamnés à mort de requérir la grâce ou la commutation.

Le 4 décembre, Tedjo Edhy Purdijatno, ministre coordinateur de la Politique, du droit, et de la sécurité, a déclaré aux médias locaux que 20 autres condamnés à mort seraient exécutés en 2015, la majorité d’entre eux ayant été déclarés coupables d’infractions à la législation sur les stupéfiants.

« Le fait que des trafiquants de drogue condamnés risquent d’être exécutés est choquant. En effet, les infractions à la législation sur les stupéfiants n’entrent pas dans la catégorie des " crimes les plus graves " pour lesquels la peine de mort peut être appliquée au regard du droit international. Les autorités doivent au contraire réduire le champ d’application de la peine capitale, en vue d’abolir totalement ce châtiment  », a déclaré Rupert Abbott.

Complément d’information

L’Indonésie a repris les exécutions en 2013, et a mis à mort cinq condamnés, après avoir interrompu pendant quatre ans l’application de la peine de mort. Aucune exécution n’a eu lieu depuis le début de l’année 2014.

Amnesty International s’oppose à la peine de mort en tant que violation du droit à la vie, inscrit dans la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH), et en tant que peine cruelle, inhumaine et dégradante. Elle s’oppose à ce châtiment en toutes circonstances, sans aucune exception, quelles que soient la nature et les circonstances du crime commis, la culpabilité ou l’innocence ou toute autre situation du condamné, ou la méthode utilisée par l’État pour l’exécuter.

Aujourd’hui, 140 pays ont aboli la peine de mort pour tous les crimes, en droit ou en pratique. Amnesty International demande aux autorités indonésiennes de suivre cette tendance mondiale en instaurant un moratoire officiel sur toutes les exécutions et en commuant toutes les condamnations à mort, premières mesures vers l’abolition de ce châtiment.

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