Communiqué de presse

Indonésie. Il faut annuler les exécutions imminentes de 11 personnes

Le gouvernement indonésien doit annuler les exécutions imminentes de 11 personnes et renoncer à ses projets de condamner à mort d’autres personnes encore cette année, écrit Amnesty International dans une lettre ouverte adressée au président Joko Widodo mercredi 18 février.

Le procureur général indonésien a confirmé que les condamnations à mort de 11 détenus déclarés coupables de trafic de stupéfiants et de meurtre seraient appliquées de façon imminente. Il s’agit d’Indonésiens et d’étrangers.

« Le président Widodo tente manifestement de montrer son intransigeance envers la criminalité, mais il n’a jamais été prouvé que la peine capitale avait un effet plus dissuasif que les autres sanctions. Il devrait plutôt veiller à ce que le système judiciaire soit à même de prévenir les crimes, de les identifier et de garantir l’équité des procès », a déclaré Richard Bennett, directeur du programme Asie-Pacifique d’Amnesty International.

Le gouvernement indonésien a exécuté six personnes le 19 janvier, et a indiqué qu’il comptait mettre 14 autres personnes à mort cette année. Le gouvernement a rejeté d’emblée tous les recours en grâce des condamnés à mort. Cela signifie qu’ils n’ont pas pu obtenir de véritable réexamen de leur affaire, alors que ce droit est garanti par le droit international comme le droit indonésien.

« Il faut immédiatement mettre fin à ces homicides. En respectant les droits humains et en adoptant une stratégie de lutte contre la criminalité plus efficace, le président Widodo montrerait véritablement la voie à suivre », a déclaré Richard Bennett.

Dans sa lettre ouverte, Amnesty International note plusieurs motifs d’inquiétude :

• Les recours formés par au moins deux condamnés à mort sont toujours en instance devant la Cour suprême. Aucune exécution ne devrait avoir lieu tant que toutes les voies de recours n’ont pas été épuisées.
• Au moins trois prisonniers, tous étrangers, pourraient ne pas avoir bénéficié des services d’un avocat, qui aurait pu les aider à présenter leurs recours.
• L’un des détenus, le Brésilien Rodrigo Gularte, souffre de schizophrénie paranoïde, un trouble qui s’aggrave chez les personnes qui sont dans l’antichambre de la mort. Le droit international interdit de condamner à mort des personnes atteintes de déficiences mentales ou intellectuelles.

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