Irak. Amnesty International s’inquiète de l’augmentation des exécutions

Déclaration publique

MDE 14/033/2006

Amnesty International est très préoccupée par la forte augmentation des exécutions imputables aux autorités irakiennes depuis le début du mois de septembre 2006. Le 21 septembre, 11 personnes ont été exécutées par pendaison dans la ville d’Arbil, située dans la région du nord de l’Irak contrôlée par les Kurdes. Il s’agissait, à la connaissance d’Amnesty International, des premières exécutions à avoir lieu dans la région kurde depuis 1992. Selon certaines informations, les 11 hommes, soupçonnés d’appartenir au groupe armé Ansar al Islam (Partisans de l’islam), avaient été condamnés à mort en mars 2006 après avoir été reconnus coupables d’homicides et d’enlèvements dans la région kurde en 2003 et 2004. On ignore si ces hommes ont bénéficié d’un procès équitable. Il s’agissaitI Il s’agissait de Shaikh Zana Abdul Karim Barzanji ; Burhan Talat Muhammad ; Dilir Haidar Abdullah ; Mariwan Karim Hassan ; Karukh Burhan Muhammad ; Hafal Fariq Ismail ; Aza Mutasam Karim ; Fariq Ismail Abdullah ; Dilir Abu Bakr Ismail ; Yusuf Aziz Qadir et Ziyad Rifat Abdul Karim.

Auparavant, autour du 6 septembre, 27 personnes auraient été exécutées par pendaison à Bagdad après avoir été reconnues coupables d’attaques meurtrières contre des civils. Amnesty International ne dispose d’aucune information sur leur procès.

Depuis le rétablissement de la peine capitale en Irak en août 2004, de très nombreuses personnes ont été condamnées à ce châtiment et, selon certaines informations, il y aurait aujourd’hui plus de 200 personnes dans le quartier des condamnés à mort. Les premières exécutions ont eu lieu le 1er septembre 2005, date à laquelle trois personnes ont été exécutées ; 13 autres personnes ont été exécutées le 9 mars 2006 ; toutes avaient été reconnues coupables d’« activités terroristes ».

Amnesty International demande aux autorités irakiennes de commuer toutes les condamnations à mort et d’abolir la peine capitale en droit et en pratique. L’organisation de défense des droits humains condamne toutes les atteintes aux droits humains perpétrées par les groupes armés et d’autres, comme les enlèvements, les viols ou les homicides. Elle a demandé avec insistance que toutes les personnes soupçonnées d’être responsables de ces agissements soient déférées à la justice et jugées dans le respect des normes internationales d’équité des procès, sans recours à la peine de mort.

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