Irak, Les autorités doivent révéler le sort réservé à 643 hommes « disparus » il y a cinq ans

Irak disparitions forcées

À l’occasion du cinquième anniversaire de la disparition forcée d’au moins 643 hommes et garçons irakiens [2] aux mains des milices des Unités de mobilisation populaire, au cours des opérations militaires visant à reprendre le contrôle de Fallouja tombée aux mains du groupe armé se désignant sous le nom d’État islamique (EI).

« Depuis cinq ans, les familles de ces hommes et de ces garçons vivent dans l’angoisse, sans savoir quel sort a été réservé à leurs proches ni même s’ils sont encore en vie. Les jeunes garçons ont été arrachés à leurs parents et des familles entières ont été séparées. Les familles ont le droit de savoir ce qu’il est advenu de leurs proches. Il est temps qu’elles soient délivrées de cette souffrance », a déclaré Lynn Maalouf, directrice adjointe pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à Amnesty International.

« À ce jour, les autorités irakiennes n’ont jamais révélé publiquement les conclusions de l’enquête sur les disparitions forcées et les atteintes aux droits humains commises en marge de la reprise de Fallouja, livrant les familles au doute permanent.

« Les autorités irakiennes doivent mettre un terme à cette angoisse et dévoiler le sort réservé aux victimes de disparitions forcées aux mains des Unités de mobilisation populaire. Nous les invitons à révéler publiquement les conclusions de leur enquête officielle et à amener les responsables présumés à rendre compte de leurs actes avec toute la rigueur de la loi. »

Complément d’information

Dans la matinée du 3 juin 2016, des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants fuyant la zone de Saqlawiya, dans la province d’Al Anbar, ont été interceptés par un groupe d’hommes armés de mitrailleuses et de fusils d’assaut. Des témoins les ont identifiés comme faisant partie des Unités de mobilisation populaire, grâce aux emblèmes sur leurs uniformes et leurs drapeaux. Ces hommes armés ont arraché à leurs familles quelque 1 300 hommes et garçons considérés comme étant en âge de combattre. Au coucher du soleil, au moins 643 d’entre eux ont été embarqués à bord de bus et d’un grand camion. On ignore toujours ce qui leur est arrivé par la suite. Les autres hommes ont été emmenés vers un lieu que les survivants appellent « la maison jaune », où ils ont déclaré avoir subi des actes de torture et d’autres mauvais traitements.

Le 5 juin 2016, le bureau du Premier ministre irakien de l’époque, Haider al Abadi, a mis en place une commission destinée à enquêter sur les disparitions et les atteintes commises dans le cadre des opérations militaires pour reprendre Fallouja. Les conclusions de cette commission n’ont jamais été rendues publiques. Les autorités irakiennes n’ont pas répondu à Amnesty International qui avait alors demandé des informations.

Les Unités de mobilisation populaire regroupent de vastes milices bien établies, officiellement reconnues comme une composante des forces armées irakiennes.

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