IRAK : Des crimes de guerre sont à craindre d’un côté comme de l’autre

Index AI : MDE 14/044/2003

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Certaines informations font craindre que des crimes de guerre n’aient été
commis par les deux camps au cours des récents affrontements, a déclaré
Amnesty International aujourd’hui.

Les forces de la coalition ont confirmé qu’elles avaient attaqué le siège de
la télévision irakienne dans la matinée de mercredi. Selon des informations
émanant de la BBC, le commandement central américain au Qatar a déclaré que
des missiles avaient touché la principale station de télévision irakienne.
Le Pentagone aurait indiqué que l’objectif de l’opération était de
neutraliser les capacités de commandement et de conduite des opérations du
régime irakien, et qu’elle avait également pour but d’empêcher Bagdad de
pratiquer la propagande et la désinformation.

" Le bombardement d’une station de télévision, uniquement parce qu’elle est
utilisée à des fins de propagande, ne peut pas être approuvé. C’est un bien
de caractère civil, qui bénéficie à ce titre de la protection du droit
international humanitaire, a déclaré Claudio Cordone, directeur chargé du
droit international à Amnesty International.

" Pour justifier une telle attaque, il faudrait que les forces de la
coalition prouvent que la station de télévision était utilisée à des fins
militaires et que l’attaque ne risquait pas de causer des pertes civiles
excessives par rapport à l’avantage militaire concret et direct attendu.

" Les attaques dirigées contre des biens de caractère civil et les attaques
disproportionnées sont des crimes de guerre. C’est aux forces de la
coalition qu’il incombe de prouver que la station de télévision avait un
usage militaire et, si c’est bien le cas, de montrer que cette attaque a
tenu compte du risque de causer des pertes parmi les civils.

" En temps de guerre, il est possible de considérer que de nombreuses
activités civiles contribuent à l’effort de guerre. Mais on ne saurait
accepter que l’ensemble des activités de cet ordre puisse être pris pour
cible sans entrer dans la logique de la "guerre totale". La volonté
d’empêcher les effets dévastateurs de ces "guerres totales" est un des
aspects fondamentaux de l’évolution des règles applicables dans les conflits
armés, au cours de ces dernières décennies " a ajouté Claudio Cordone.

L’armée irakienne, selon certaines informations, a délibérément tiré au
mortier sur des civils, à Bassora, et elle a placé des objectifs militaires
à proximité de civils et de biens de caractère civil. Il semblerait
également que des militaires irakiens se soient habillés en civils pour
avoir la possibilité de lancer des attaques surprises contre les troupes de
la coalition.

" Toute attaque directe contre des civils est un crime de guerre. Ceux qui
rendent confuse la distinction entre les combattants et les civils sapent
les fondements même du droit humanitaire ", a déclaré Claudio Cordone.

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