IRAK : Le sommet de Camp David doit admettre la responsabilité de la communauté internationale en ce qui concerne les droits fondamentaux en Irak

Index AI : MDE 14/003/2003

Amnesty International appelle le président américain George W. Bush et le Premier ministre anglais Tony Blair, lors de leur rencontre prévue cette semaine pour discuter de la possibilité d’une attaque militaire contre l’Irak, à reconnaître qu’il est de la responsabilité de la communauté internationale de protéger les droits fondamentaux du peuple irakien.

Le droits humains et la situation humanitaire en Irak sont extrêmement fragiles du fait de la répression brutale, allant de l’usage généralisé de la torture aux exécutions, exercée par les autorités irakiennes à l’encontre de toute dissidence et rébellion pendant des dizaines d’années ; du fait des sanctions imposées au pays depuis plus de dix ans ; du fait de la possibilité de provoquer des victimes civiles, un afflux de réfugiés et des massacres de représailles en cas d’intervention militaire.

Avant la rencontre de Camp David vendredi 31 janvier, Amnesty International demande aux deux dirigeants d’évaluer avec soin le coût d’un conflit pour les droits humains en Irak et dans les pays voisins, et de prendre toutes les mesures possibles pour empêcher une catastrophe humanitaire.

La Secrétaire générale d’Amnesty International, Irène Khan, a déclaré :
" Nous nous souvenons tous de ce qui s’est produit en 1991 - de quel leadership le président Bush et le Premier ministre Blair seront-ils capables de faire preuve pour amener la communauté internationale à agir de façon à éviter que ne se rejoue le même genre de catastrophe au niveau humanitaire et au niveau des droits humains ? " s’est interrogée Irène Khan.

Le directeur exécutif d’Amnesty International aux États-Unis, William F. Schulz, a déclaré :
" Le président Bush et le Premier ministre Blair ont une responsabilité en ce qui concerne les droits fondamentaux du peuple irakien, et ils doivent remplir cette obligation en faisant en sorte que les actions entreprises ne violent pas davantage ces droits. "

Selon la directrice d’Amnesty International pour le Royaume-Uni :
" Tony Blair et George Bush doivent se prononcer très clairement sur la nécessité de prévoir la protection des droits humains à la fois pendant et après un conflit. "

Amnesty International a rappelé à Messieurs Bush et Blair que toutes les parties à un conflit sont dans l’obligation de respecter pleinement le droit international humanitaire. Les termes d’engagement des forces américaines et britanniques doivent respecter strictement le droit international humanitaire - les lois de la guerre - ce qui signifie, par exemple, ne pas viser des installations militaires lorsqu’existe un risque disproportionné d’atteindre des civils.

L’organisation appelle également les deux dirigeants à clarifier leur position concernant l’éventuelle comparution devant un tribunal de responsables irakiens soupçonnés d’atteintes aux droits humains, après la parution de récents rapports indiquant que les États-Unis envisageaient la possibilité d’accorder l’impunité à certains d’entre eux moyennant coopération.

" Ce n’est ni aux États-Unis ni au Royaume-Uni de déterminer qui pourra ou ne pourra pas échapper à la justice pour des crimes contre les droits humains commis en Irak, a déclaré Irène Khan, Secrétaire générale d’Amnesty International. Passer des accords garantissant l’immunité à de hauts responsables irakiens constituerait une trahison du droit du peuple irakien à la justice pour les violations flagrantes de ses droits fondamentaux endurées pendant des années. "

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