Irak. Les allégations de torture de militants font craindre que des manifestants en détention ne subissent le mène sort


COMMUNIQUÉ DE PRESSE

AILRC-FR

10 mars 2011

Index AI : PRE 01/128/2011

Des manifestants récemment libérés ont confié à Amnesty International qu’ils avaient été torturés en détention. À la suite de ces déclarations, l’organisation craint que des militants anti-gouvernementaux disparus depuis leur arrestation à Bagdad le 7 mars ne subissent le même sort.

Au moins dix personnes ont été arrêtées lundi 7 mars alors qu’elles rentraient chez elles après avoir participé, à Bagdad, à une manifestation contre le chômage, la corruption au sein du gouvernement et la mauvaise qualité des services sociaux.

Ces interpellations ont eu lieu au moment où d’autres manifestants, qui avaient été arrêtés en février, déclaraient à Amnesty International qu’ils avaient été torturés durant leur détention.

« Nous craignons qu’il existe un risque réel pour les personnes arrêtées lundi d’être torturées, d’autant plus que l’endroit où elles se trouvent n’a pas été révélé. Il semble que cette situation suive un schéma selon lequel des manifestants sont arrêtés et torturés dans une tentative de la part du gouvernement irakien pour réprimer les manifestations », a déclaré Malcom Smart, directeur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International.

« Les autorités doivent immédiatement révéler où se trouvent les dernières personnes arrêtées et les libérer si elles ont été placées en détention uniquement pour avoir exercé leur droit légitime de manifester. »

Parmi les personnes arrêtées le 7 mars se trouvent Ala Sayhoud, Maan Thamer, Ali Abdel Zahra et Muhammad Kadhim Finjan. Ces personnes ont été interpellées par les forces de sécurité irakiennes à al Batawin, un quartier de la capitale, après avoir participé ce jour-là à une manifestation sur la place Tahrir, à Bagdad.

Deux militants qui avaient été arrêtés en lien avec des manifestations récentes et ont été libérés il y a peu ont déclaré à Amnesty International qu’ils avaient subi des actes de torture et d’autres mauvais traitements durant leur détention.

Abdel Jabbar Shaloub Hammadi avait été arrêté le 24 février, la veille d’une manifestation prévue à Bagdad pour une « journée de colère ». Il a été maintenu en détention pendant 12 jours sans être inculpé et a été battu et torturé pendant les cinq premiers jours.

« Ils me frappaient beaucoup et me gardaient suspendu tous les jours pendant près de 15 heures. Une de leurs méthodes consistait à m’attacher les mains et les jambes ensemble dans le dos et à me laisser suspendu à une corde ; l’autre méthode consistait à me suspendre par les poignets et à me laisser debout sur la pointe des pieds sur une chaise. Les deux méthodes étaient très douloureuses », a expliqué Abdel Jabbar Shaloub Hammadi à Amnesty International.

Le journaliste Hadi al Mehdi, arrêté le 25 février, a déclaré à Amnesty International qu’il avait reçu des décharges électriques dans les pieds et avait été menacé de viol lorsque la police l’interrogeait.

« Les autorités irakiennes prétendent éliminer la torture mais, comme le montrent ces témoignages, elle est encore utilisée contre les détenus, et les auteurs de tels actes semblent penser qu’ils peuvent agir en toute impunité », a déclaré Malcom Smart.

« Il faut que les autorités ordonnent que soit menée dans les meilleurs délais une enquête impartiale sur toutes les allégations de torture, et les responsables de tels agissements doivent être démasqués et traduits en justice. »

Alors que les appels à la réforme continuent de se faire entendre dans le pays, Amnesty International a également invité les autorités irakiennes à respecter le droit de réunion et la liberté d’expression.

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