Irak : les autorités du Kurdistan doivent enquêter sur l’enlèvement et le meurtre d’un journaliste

Déclaration publique

Index AI : MDE 14/007/2010 -
ÉFAI -
7 mai 2010

Le gouvernement régional du Kurdistan doit prendre immédiatement des mesures pour enquêter sur l’enlèvement et le meurtre, cette semaine, de Sardasht Osman, un étudiant de 23 ans qui travaillait comme journaliste pour le magazine Ashtiname à Erbil, la capitale du Kurdistan irakien. Ces événements font suite à une vague d’autres attaques visant des journalistes et d’autres détracteurs des deux principaux partis politiques du gouvernement régional du Kurdistan ces dernières années, pour lesquelles personne n’a encore été conduit devant la justice.
Sardasht Osman, étudiant en dernière année à l’université de Salaheddin, à Erbil, a été enlevé devant cet établissement le 4 mai 2010 par un groupe d’hommes armés non identifiés. Ces derniers l’ont fait monter de force dans une voiture et ont démarré. Il n’a jamais été revu vivant. Son corps a été retrouvé à Mossoul le 6 mai 2010 au matin. Il avait été victime d’un meurtre.

Avant sa mort, Sardasht Osman écrivait des articles pour Ashtiname, un journal publié à Erbil, et pour d’autres publications. D’après certains sites d’information kurdes, il avait récemment publié dans Ashtiname un article critiquant un haut responsable politique kurde. Selon son frère Bashdar, il a par la suite reçu des menaces de mort anonymes sur son téléphone portable.

Il semble que l’enlèvement et le meurtre de Sardasht Osman s’inscrivent dans une série d’attaques menées ces dernières années contre des journalistes indépendants et d’autres détracteurs des autorités kurdes. On observe depuis quelque temps des attaques systématiques contre les personnes qui critiquent les chefs de file et hauts responsables des deux principaux partis politiques du Kurdistan irakien – le Parti démocratique du Kurdistan (PDK), dirigé par Massoud Barzani, et l’Union patriotique du Kurdistan (UPK), dirigée par Jalal Talabani, qui forment ensemble le gouvernement régional du Kurdistan. Ces attaques, qui sont la plupart du temps des agressions physiques mais vont parfois jusqu’au meurtre, sont généralement menées par des hommes en civil non identifiés qui sont soupçonnés par beaucoup de gens d’être des agents du Parastin et du Zanyari (les services de sécurité et de renseignement respectifs du PDK et de l’UPK) ou d’être liés à ces organes.

Amnesty International appelle les autorités du Kurdistan à ouvrir sans délai une enquête approfondie et indépendante sur l’enlèvement et le meurtre de Sardasht Osman et les autres attaques visant des journalistes et d’autres personnes dans cette région et dans les zones placées sous l’autorité du gouvernement régional du Kurdistan, et à traduire en justice les responsables présumés de ces agissements dans le cadre d’une procédure respectant parfaitement le droit international.

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