IRAK : Les puissances d’occupation ont le devoir de protéger les civils et d’empêcher toute escalade de la violence

Index AI : MDE 14/166/2003
ÉFAI

Vendredi 29 août 2003

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Amnesty International a aujourd’hui fait part de son inquiétude devant la situation en Irak, quatre mois après l’annonce par les États-Unis de la fin des hostilités. En effet, loin de s’améliorer, la sécurité dans ce pays est actuellement en train de se dégrader. L’organisation a estimé que la récente flambée de violence pourrait dégénérer en véritable guerre civile.

« Les puissances d’occupation doivent s’acquitter des obligations qui sont les leurs de maintenir la sécurité et l’ordre et de faire respecter la loi, a déclaré Amnesty International. Elles ont le devoir d’empêcher toute escalade de la violence et les représailles meurtrières. »

Un attentat à la voiture piégée a fait au moins 80 morts et 240 blessés vendredi à Najaf. Parmi les victimes figure notamment Mohammed Baqer al-Hakim, chef du Conseil suprême pour la révolution islamique en Irak, tué lors de l’explosion, qui a eu lieu juste après la prière du vendredi. Trois personnes avaient déjà été tuées à Najaf dimanche dernier, lors d’un attentat à la bombe perpétré contre les bureaux de l’ayatollah Mohammed Saeed al-Hakim, qui avait lui-même été blessé.

Un autre attentat, contre le siège des Nations unies à Bagdad, a causé la mort de 23 personnes, le 19 août. Le représentant spécial en Irak du secrétaire général des Nations unies, Sergio Vieira de Mello, a été tué par l’explosion.

« Les civils ne doivent jamais être pris pour cible, a déclaré Amnesty International. Le cercle vicieux de la violence ne peut que compromettre encore davantage tout espoir de paix et de justice en Irak. »

Les instigateurs de ces attentats doivent être traduits devant les tribunaux et être jugés conformément aux normes internationales d’équité, a souligné l’organisation de défense des droits humains.

Amnesty International avait mis en garde, avant le début de la guerre en Irak, contre le danger de voir se multiplier les représailles meurtrières, dont aurait nécessairement à souffrir la population civile, en cas d’intervention militaire.

« Il n’y a pas d’avenir pour l’Irak sans justice et sans état de droit, a affirmé Amnesty International. Les Irakiens ont droit à la stabilité, à la sécurité et à la paix. Le sang doit cesser de couler. »

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