Irak, Stop à l’impunité dont sont victimes les personnes kidnappées et militants pacifiques

Irak Impunité militants

Six organisations publient la présente déclaration le 9 décembre 2020, appelant le gouvernement irakien à enquêter sur la détention de militant·e·s et d’autres personnes depuis le début du mouvement de contestation de 2019 et à libérer toutes les personnes détenues de manière arbitraire pour avoir manifesté pacifiquement.

À l’occasion de la Journée internationale des droits de l’homme, ce 10 décembre, les organisations signataires invitent les autorités irakiennes à mener des investigations impartiales, approfondies et efficaces sur les cas de détention [1] recensés depuis le début des manifestations populaires d’octobre 2019 et sur les disparitions forcées et les homicides illégaux de dizaines de militant·e·s, journalistes, avocat·e·s et membres de la société civile irakienne. Nous les engageons à libérer les personnes placées en détention arbitraire [2] en lien avec leur droit à la liberté d’expression et de réunion pacifique, et à traduire en justice tous les responsables présumés de ces actes.

Les organisations signataires sont particulièrement préoccupées par l’absence d’obligation de rendre des comptes pour les exécutions extrajudiciaires qui ont eu lieu cette année et ont ciblé des personnes qui avaient exercé leur droit de s’exprimer pacifiquement.

Le 6 juillet 2020, quatre hommes non identifiés circulant à moto ont abattu [3] le journaliste et expert en sécurité Hisham Al Hashemi devant chez lui, dans le quartier de Zayouna, dans la capitale Bagdad. Des sources locales [4] ont confirmé [5] qu’Hisham Al Hashemi avait reçu des menaces répétées de la part de membres de groupes armés au cours des semaines ayant précédé son assassinat, en raison de sa participation à divers programmes télévisés où il avait évoqué les activités illégales des milices armées en Irak.

Le 15 novembre, le gouvernement irakien a déclaré que ses assassins avaient fui le pays [6] après que leurs motos ont été saisies à Bagdad et que deux d’entre eux ont été identifiés. Un porte-parole du gouvernement a déclaré à la télévision d’État « qu’un parti les avait fait sortir illégalement du pays », sans nommer ce parti.

Le 2 octobre, sept experts de l’ONU ont publié une déclaration [7] appelant l’Irak à enquêter sur les cas de deux défenseures des droits humains visées par un assassinat. En effet, en août 2020, des hommes armés non identifiés ont assassiné Riham Yaqoub [8], médecin et militante mobilisée entre autres pour le droit des femmes de faire de l’exercice physique dans les espaces publics.

Le 17 août, Lodya Remon Albarti, défenseure des droits des femmes et de l’environnement, s’est fait tirer dessus [9] lors d’une tentative d’assassinat. « Il est scandaleux que les femmes en Irak doivent risquer leur vie ou la perdre pour défendre les droits humains, ont déclaré les experts de l’ONU. Il faut en finir avec l’impunité qui permet à de tels crimes de perdurer. »

Dans la région du Kurdistan irakien, les autorités locales s’en prennent à des militant·e·s de la société civile. Elles les arrêtent en raison de leur travail et limitent les libertés [10] publiques, dont la liberté des médias [11] et la liberté de réunion pacifique [12], notamment depuis août 2020. Des dizaines de militant·e·s, d’enseignant·e·s et de manifestant·e·s pacifiques ont participé à des rassemblements pour réclamer la fin de la corruption dans la région, l’amélioration des services publics, le paiement des salaires des employé·e·s qui n’ont pas été versés depuis des mois et la mise en œuvre de réformes globales. Beaucoup ont été remis en liberté, mais un certain nombre sont toujours détenus [13].

Le gouvernement irakien et le gouvernement régional du Kurdistan manquent à leurs obligations découlant du droit international et irakien, à savoir traduire en justice les auteurs présumés de crimes visant des journalistes, des militant·e·s, des défenseur·e·s des droits humains et des manifestant·e·s. Malgré les multiples promesses des autorités, y compris du Premier ministre Mustafa Al Kadhimi, de mener des investigations et d’amener les responsables à rendre des comptes, ces promesses [14] n’ont pas été tenues, perpétuant et renforçant ainsi des décennies d’impunité et laissant des citoyen·ne·s courageux sans la moindre protection.

Signataires :

  1. Amnesty International (AI)
  2. Fédération internationale des Ligues des droits de l’homme (FIDH), dans le cadre de l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’homme
  3. Centre du Golfe pour les droits humains (GCHR)
  4. Human Rights Watch (HRW)
  5. Réseau irakien pour les réseaux sociaux (INSM)
  6. Observatoire irakien des droits de l’homme (IOHR)
  7. Metro Center for Journalists’ Rights and Advocacy
  8. Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT) dans le cadre de l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’homme
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